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AUTO-INTOXICATION GENITALE : PUBERTÉ

tristesse ; tantôt, au contraire, on constate une excitation de degré variable, se traduisant par une activité incessante, de la coquetterie, de la turbulence, de l'insomnie, des espiègleries et des taquineries continuelles, de la dissimulation et du mensonge. A un degré plus élevé, on observe des accidents hystériformes variés, de la neurasthénie (neurasthénie pubérale), de V hypocondrie ayant pour objet les phénomènes nouveaux qui se passent du côté de la fonction génitale et les transformations corporelles qui les accompagnent, de Vanorexie mentale pouvant aboutir à la mort par cachexie, étudiée par Sollier, Régis, Déjerine, etc., des obsessions diverses, en particulier des obsessions de doute, de scrupule, de chasteté, etc., enfin, des tendances malfaisantes, de la cruauté envers les animaux, des impulsions au vol, au meurtre, et surtout à la fugue et à l'incendie.

Un certain nombre de ces jeunes garçons qui quittent leur famille, mus par l'idée de voir du pays, de courir le monde, d'être libres, de renouveler la vie aventureuse et si tentante de Robinson, sont certainement sous l'action de la puberté.

De même beaucoup d'incendies, commis sans motifs ou pour des motifs futiles par des adolescents, émanent de pubères, particulièrement de jeunes filles à leur période d'instauration menstruelle (voir plus haut l'article ( Impulsions «, p. 141).

B. Psychoses. — Marro distingue les psychoses de la puberté en trois classes : 1» celles dont le développement trouve dans cet âge une cause prédisposante par suite de l'éréthisme plus marqué du système nerveux, et se caractérisent par une grande excitation, ordinairement intermittente, des délires extravagants, courts, très curables, plus fréquents à la première période de l'époque pubérale ; 2^ celles qui reconnaissent pour cause le développement tumultueux de la puberté, l'accroissement très rapide du squelette, le trouble général des viscères qui s'ensuit, sur un terrain préparé par l'hérédité, les traumatismes et les maladies infectieuses du premier âge, et qui présentent les caractères de l'hébéphrénie de Hecker et de Kàlhbaum, avec démence terminale plus ou moins profonde

et traces constantes de méningite ancienne à l'autopsie ; 30 celles qui dépendent d'une évolution pubérale imparfaite, par cause organique congénitale, maladies antécédentes, vice de masturbation, etc., et qui revêtent des apparences cliniques diverses, particulièrement celles de la paranoïa rudimentaire, de la folie morale, de l'imbécillité passive.

Marro mentionne enfin, à côté de ces trois classes, les psychoses qui, sans être liées à l'époque de la puberté, subissent son influence et reçoivent d'elle des caractères particuliers, comme la psychose masturbatoire des Anglais,

Pour ZiEHEX, presque toutes les psychoses connues se rencontrent dans la puberté. L'influence de la puberté se borne à imprimer à ces psychoses certaines modifications spéciales de symptômes et d'évolution : débihté exagérée des troubles affectifs ; discordance entre ces troubles et les réactions mimiques ; incohérence des pensées normales aussi bien que des idées délirantes qui sont triviales, illogiques, fantastiques ; tendance aux stéréotypies, à la marche circulaire, ou à une démence progressive.

RoRiE, qui a relevé tous les cas de psychoses observés entre quinze et vingt-cinq ans à l'asile de Dorset depuis 1856, les classe en trois catégories : l^ Formes simples, du type maniaque ou mélancolique, à guérison rapide ; 2° formes récurrentes, à rechute parfois définitive ; 3° formes tournant promptement à la démence. La proportion suivant les sexes était pour chacune de ces classes : l^ formes simples : hommes 34 p. 100, femmes 40 p. 100 ; 2° formes récurrentes : hommes 15 p. 100, femmes 21,2 p. 100 ; 3^ formes démentes : hommes 50 p. 100, femmes 38 p. 100.

Ces relevés concernent la totahté des psychoses survenant à la puberté. Si l'on ne tient compte que de celles dues à l'influence de cette étape génitale, on constate qu'elles sont moins fréquentes et moins variées.

Chez certains malades, c'est un accès aigu de manie ou de mélancolie qui éclate, généralement passager, mais à évolution souvent rémittente, intermittente, ou même circulaire (Trow-

BRIDGE, ElMIGER).

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