‹ Précis de psychiatrieChapitre 137 sur 278 · AUTO-INTOXICATION GÉNITALE : MÉNOPAUSE · texte numérisé non relu

AUTO-INTOXICATION GÉNITALE : MÉNOPAUSE

et actes d'exaltation religieuse ; 3^ Vérotismc, qui se traduit par des inclinations amoureuses, des passions parfois platoniques et mystiques, mais aussi par une excitation génitale, une nymphomanie, une salacité tout à fait extraordinaires et en désaccord complet avec la pudeur, la réserve et la retenue antérieures ; 4" la jalousie, tenace, tracassière, persécutrice, mélangée le plus souvent à de l'érotisme, à des idées de persécution, à des symptômes hystériformes, tout à fait caractéristiques ; 50 V hypocondrie, portant principalement sur les fonctions génitales et liée le plus souvent à un état neurasthénique.

Citons encore les obsessions et idées fixes de doute, de scrupule, les phobies impulsives, enfin les impulsions conscientes et plus ou moins irrésistibles à la coprolahe, à la dipsomanie, au vol, à l'homicide, à l'incendie, au suicide.

b. Sexe masculin [âge critique chez Vhomme). — Les troubles psychiques élémentaires dus à la ménopause ne sont pas exclusifs à la femme ; ils existent aussi chez l'homme, qui a, comme elle, son âge critique entre cinquante et soixante ans.

Skae, qui les a signalés dans le sexe masculin, donne, parmi les plus fréquents, les états neuro-psychopathiques de doute, de crainte, d'anxiété. Bombarda, qui a également insisté sur les troubles psychiques de la « ménopause virile », mentionne surtout le changement de caractère, les excès de boisson, l'inconduite, la débauche, l'hypocondrie neurasthénique obsédante et tenace, la jalousie sauvage, presque délirante, enfin les attachements amoureux, platoniques ou non, mais passionnés, impérieux, dominateurs, devant lesquels tout s'efface et disparaît, ainsi que les perversions sexuelles (sadisme, masochisme, exhibitionnisme, pœdophihe, etc.). Ces troubles sont évidemment favorisés par la prédisposition héréditaire, les excès d'alcool et de tabac, la syphilis, l'artério-sclérose.

Mon élève Valleteau de Moulliac, qui a fait une bonne étude des troubles nerveux et psychiques de l'âge critique chez l'homme (Th. B., 1907) a relevé de son côté comme symptômes les plus fréquents : dans l'état général, des congestions encéphaliques, des bourdonnements d'oreille, des vertiges, de l'hypertension artérielle, de la diminution de la force muscu-

laire ; dans l'état mental, de l'inquiétude, de la tristesse, de l'anxiété, de l'excitation sexuelle, de l'amour morbide, des idées fixes, des obsessions, des impulsions et, comme névroses, de l'épilepsie et, tout particulièrement, de la neurasthénie.

La neurasthénie de l'âge critique, chez l'homme, est en effet assez fréquente et elle réalise presque toujours le type de la neurasthénie avec artériosclérose, sur lequel j'ai depuis longtemps appelé l'attention (Régis, G., 1895).

De Fleury a confirmé depuis, en les précisant (A. M., 1909) ces données relatives aux psycho-névroses de l'âge critique masculin.

D'après quelques recherches anatomiques qu'iji a pu faire, Valleteau de Moulliac conclut que l'âge critique, chez l'homme, se manifeste par des processus d'involution généralisée et principalement, du côté du testicule, par de la graci- Hté des spermatozoïdes, de l'envahissement du tissu noble par le tissu scléreux, de la pigmentation des cellules interstitielles.

B. Psychoses. — Les psychoses de la ménopause ont été surtout étudiées par Skae, Krafft-Ebing, B. Ball, Guim- BAiL, Savage, Auvard, Beyer, etc., et, dans ces derniers temps, par Rémond et Voivenel (E., 1911).

Ici encore, il faut séparer les psychoses climatériques proprement dites, \Taiment dues à la ménopause, et les psychoses quelconques, survenant simplement à l'époque et à l'occasion de l'âge critique, et plus ou moins indirectement influencées par lui.

Parmi ces dernières, nous citerons principalement le délire systématisé de persécution, qui revêt très fréquemment à cet âge la forme jalouse, erotique, mystique et s'accompagne d'hallucinations génitales, de viol, de possession sexuelle, de fausse grossesse, de zoopathie interne, etc., et la paralysie générale qui fut longtemps considérée pour ce motif, chez la femme, comme une maladie de la ménopause.

Les psychoses climatériques proprement dites se présentent d'habitude sous forme de psychose aiguë, mélancolie anxieuse ou confusion mentale sous l'une quelconque de ses

Page 1