I 4 — GROSSESSE. ACCOUCHEMENT, LACTATION
(psychoses puerpékales)
Ce paragraphe comprendra successivement : l*' les généralités relatives aux psychoses puerpérales ; 2» la psychose de la
AUTO-IMOXICATION GENITALE : PSYCHOSES PUERPERALES 633
grossesse ; 3^ la psychose puerpérale proprement dite ; 4*^ la psychose de la lactation.
Al — GÉNÉRALITÉS
Les psychoses puerpérales ont été longtemps regardées comme des folies, des vésanies ordinaires, développées sur un fond d'hérédité, de dégénérescence, sous l'influence occasionnelle d'une des phases de la fonction de la maternité. C'est là l'opinion soutenue par Marge (1858), par Boudrie (1878) par Magnan et ses élèves, Garcia Rijo (1879), AF^e de Gorsry (1888) et même par P. Castin (1899).
Mais déjà de nombreux observateurs, surtout à l'étranger, signalaient l'influence prépondérante de l'intoxication et de l'infection dans la psychose puerpérale et dans la psychose éclamptique. Citons parmi eux : Leidesdorf (1872), Holm (1874), FuRSTNER (1875), D. Fraser (1885), Campbell Clark (1887-1888), Hansen (1888), Ernst Meyer (1888), Savage (1888), Kramer (1889), Olshausen (1891), etc.
En France, plusieurs élèves de Pierret, à Lyon, tels que E. Faire (1890), Evrot (1894), Serrigxy (1896), mettaient également en lumière, expérimentalement et cliniquement, l'origine infectieuse de la psychose puerpérale.
Cette origine fut rapidement admise par la plupart des accoucheurs, Bar, Porak, Doléris, Maygrier, etc., bien placés pour la constater, et c'est à l'instigation de Bar, son maître, que Lallier pubha, en 1892, sa remarquable thèse sur ' la fohe p'uerpérale dans ses rapports avec l'éclampsie et les accidents infectieux des suites de couches », dans laquelle il faisait une excellente mise au point de la question.
Depuis, la notion du caractère toxique, infectieux, de la psychose puerpérale n'a fait que s'affirmer de plus en plus, et tend même à s'étendre à la psychose de la lactation et à nombre de cas de psychoses de la grossesse, phases dans lesquelles l'organisme est également en état d'auto-intoxication réalisée ou toujours imminente (Bouffe de Saixt-Blaise 1898-1899, Baracoff-Dimitre 1902, Charrix et Vitry 1904, etc.).
1*^ Fréquence. — Il est difficile de préciser exactement quelle peut être la fréquence des psychoses puerpérales prises en bloc. La plupart des aliénistes admettent que la proportion est de 1 sur 400, 700 et même 1.100 naissances (Menzies, Robert Jones, etc.). Mais les chiffres sont évidemment beaucoup trop faibles, les psychoses puerpérales suivies d'internement ne représentant pas, il s'en faut, la totahté des cas. Une statistique plus exacte, bien qu'encore incomplète, est celle des Maternités, qui donne une moyenne de 1 psychose puerpérale sur environ 200 accouchements. Les résultats varient essentiellement, du reste, suivant les miheux.
On a des données plus certaines sur la fréquence comparative des trois variétés de psychoses puerpérales.
En réunissant les faits produits par certains des plus récents observateurs et qui constituent un ensemble de 717 cas, nous relevons : psychose de la grossesse, 122 ; psychose puerpérale, 399, psychose de la lactation, 196.
La psychose puerpérale proprement dite est donc deux fois plus fréquente que la psychose de la lactation et quatre fois plus fréquente que la psychose de la grossesse.
2^ Age, état civil, primiparité, multiparité. — La question de l'âge ne paraît pas jouer un rôle important. Menzies a trouvé comme âge moyen chez ses malades : pour la psychose de la grossesse, trente et un ans et demi ; pour la psychose puerpérale, vingt-huit ans et demi ; pour la psychose de la lactation, trente et un ans et demi.
La proportion des filles mères, sur l'ensemble des femmes atteintes de psychoses puerpérales, est de 9 p. 100 (Aschaffenburg), de 12 p. 100 (Menzies). Mais tandis que cette proportion est de 2 à 3 p. 100 seulement dans la psychose de la lactation et de 8 p. 100 dans la psychose puerpérale, elle est de 21 à 25 p. 100 dans la psychose de la grossesse (Robert Jones, Menzies).
On compte dans les psychoses puerpérales 25 p. 100 de primipares (Menzies). Elles existent surtout dans la psychose de la grossesse. Les tiiuhipares sont, au contraire, très nom-