AUTO-INTOXICATION GÉNITALE : PSYCHOSES PUERPÉRALES
breuses dans la psychose de la lactation où Menzies en a trouvé 23 p. 100 ayant eu de 3 à 7 enfants.
3^ Étiologie, accès antérieurs. — L'hérédité est indiquée en proportion variable par les auteurs : 80 fois sur 100 par AscHAFFENBURG, 50 fois sur 100 par Robert Jones, 25 fois sur 100 par Menzies qui la relève séparément 26,6 fois sur 100 dans la psychose de la grossesse, 18,7 fois sur 100 dans la psychose puerpérale, 30,4 fois sur 100 dans la psychose de la lacta-. tion.
Ce qui domine dans l'hérédité, c'est, en premier Heu, l'alcoolisme des parents, puis le suicide, l'épilepsie, l'hystérie, la tuberculose. J'ai constaté personnellement, dans certains cas, l'hérédité similaire, c'est-à-dire l'existence chez la mère de la malade, comme chez celle-ci, de la psychose puerpérale.
Les autres causes indiquées par les auteurs sont : les excès, les émotions subites et violentes, les chagrins, les difficultés du travail, le rhumatisme, les affections cardiaques, surtout mitrales, la grippe, la pleurésie, le goitre exophtalmique, la néphrite, la syphilis, l'épuisement, les hémorragies.
Pour AscHAFFENBURG, le uombre et le rapprochement des grossesses est sans importance. Cela ne paraît pas tout à fait exact, surtout en ce qui concerne la psychose de la lactation, sur laquelle influent nettement les grossesses répétées et les lactations prolongées.
Menzies a trouvé que 27 p. 100 de ses malades atteintes de psychose de la grossesse avaient présenté des accès antérieurs, toujours sous forme de psychose puerpérale ; dans deux cas même, il existait deux accès antérieurs, le premier de la lactation, le second puerpéral. 20 p. 100 de ses malades atteintes de psychose de couches avaient eu également des accès, dont deux seulement de psychose puerpérale. Enfin 28,2 p. 100 de ses malades, atteintes de psychose de la lactation, avaient eu des accès antérieurs, tous liés à la fonction de reproduction, dont 8 puerpéraux, 4 de la lactation et 1 de la grossesse.
40 Formes cliniques. — La plupart des auteurs ont constaté
que les psychoses puerpérales se manifestaient sous des formes cliniques variées, et qu'il n'existait pas, par suite, de type spécifique de psychose puerpérale.
Certains cependant signalent comme symptômes plus particulièrement fréquents dans ces psychoses : les idées erotiques et mystiques, la tendance au suicide et à l'infanticide, les accidents h^^stériques.
Mais le point sur lequel tous paraissent être d'accord, c'est la fréquence de l'obtusion, de la torpeur, du déhre hallucinatoire, des phénomènes aigus, en un mot de la confusion mentale, surtout dans la psychose puerpérale proprement dite.
L'albuminurie, signalée par Robert Jones comme rare, lui paraît d'un pronostic grave. Nous verrons plus loin qu'il n'en est pas ainsi.
5"^ Curabilité. — On est d'accord sur la grande curabilité des psychoses puerpérales, qui est évaluée à 80 p. 100 des cas (AscflAFFENBURG, Leva:^-Bevis). Au poiut de vue de la curabihté comparative, Savage la fixe de 75 à 80 p. 100 pour la psychose puerpérale, à 80 p. 100 pour la psychose de la lactation. Robert Jones a trouvé pour sa part, comme guérison : psychose de la grossesse, 48 p. 100 ; psychose puerpérale, 73 p. 100 ; psychose de la lactation, 60 p. 100. Menzies, s'appuyant sur ses propres observations, arrive à des résultats à peu près identiques et trouve comme guérison : psychose de la grossesse, 43 p. 100 ; psychose puerpérale, 75 p. 100 ; psychose de la lactation, 56 p. 100.
Il suit de là, d'une part, que les psychoses puerpérales prises en bloc guérissent fréquernment; d'autre part, que l'aptitude à la guérison, différente pour les trois variétés, s'étabUt de la façon décroissante suivante : psychose puerpérale, psychose de la lactation, psychose de la grossesse. En principe, les types et les cas les plus curables paraissent être ceux qui sont le plus en rapport avec une étiologie toxique ou infectieuse.
6 Grossesse et accouchement chez les aliénées. — De façon générale, les aUénées supportent bien l'état de gra-
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vidité et ses suites, comme tous les traumatismes, et l'accouchement se fait d'habitude, chez elles, avec une facilité et une rapidité remarquables, malgré l'inconscience et l'agitation qui s'y joint parfois. C'est surtout dans la paralysie générale (Bruas, Th. B, 1902), que le fait a été constaté.
Quant à l'action de la grossesse et de l'accouchement sur une psychose déjà existante, Xacke (R. N. a. 1912) la résume en disant qu'elle n'est que bien rarement favorable, au moins de façon nette et durable.