B) — PSYCHOSE DE LA GROSSESSE
Certaines femmes, débiles ou nerveuses, ne se portent jamais mieux que durant leurs grossesses ; d'autres, en grand nombre, sans devenir ahénées, présentent pendant ce temps des troubles névropathiques ou intellectuels plus ou moins marqués. Il est à peine besoin de rappeler ces envies, ces désirs extravagants, ces dépravations de l'appétit, cette irritabihté, cette exaltation rehgieuse ou sexuelle, cette impulsivité, en particuher cette tendance au vol, que l'on observe fréquemment chez les femmes pendant l'état de gestation.
La psychose de la grossesse affecte deux types bien distincts, suivant qu'elle est due à la prédisposition vésanique ou à l'intoxication.
1*" Vésanie dans la grossesse. — La vésanie, dans la grossesse, se manifeste sous la forme d'une folie classique, en particulier par un accès de manie et surtout de mélancolie qui survient à un moment quelconque de la gestation sous l'influence occasionnelle de causes morales.
Son début est graduel. Lorsqu'il s'agit de mélancohe, ce qui a lieu le plus habituellement, c'est tantôt de la dépression mélancolique simple, sans délire, tantôt de la mélancolie délirante, avec idées de culpabiUté, d'indignité, de défiance, de jalousie, mais principalement de mysticisme et d'érotisme, accompagnées ou non d'hallucinations.
L'évolution de la grossesse et sa terminaison n'ont pas sur
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ce type vésanique de psychose une action bien marquée, et il n'est pas rare, notamment dans le cas de mélancolie délirante et hallucinatoire et de déUre à tendance systématisée, de la voir persister après l'accouchement.
En somme, il s'agit là plutôt d'une folie ordinaire développée, chez les prédisposées, à l'occasion de la grossesse, que d'une psychose de la grossesse proprement dite.
2" Psychose de la grossesse. — Toute autre est la psychose de la grossesse. Ici, l'hérédité vésanique ^st absente ou à l'arrière-plan. La cause réelle, fondamentale, est dans l'intoxication de l'organisme provoquée soit par l'état de grossesse lui-même, soit par un de ses complications. C'est dire que les causes adjuvantes sont : l'anémie, la fatigue, le mauvais fonctionnement des grands viscères, les maladies toxiques ou infectieuses, les émotions violentes, etc.
Contrairement à la vésanie, la psychose toxique de la grossesse survient à des moments déterminés de la gestation, correspondant aux phases maxima des troubles de la nutrition : dans le premier mois, dans les deux derniers, mais surtout du quatrième au sixième.
D'habitude, le début est rapide, parfois même brusque. Il se manifeste par une crise de délire hallucinatoire bruyant, précédé ou accompagné dans certains cas d'accidents hystérif ormes. Suivant le degré d'acuité de la crise, le désordre et la confusion des idées sont plus ou moins marqués ; il y a de l'agitation, de l'érotisme, de l'obscénité, des hallucinations terrifiantes ou célestes, des attitudes théâtrales, de l'extase, des erreurs d'identité de personnes, du délire systématisé, aigu ou au contraire incohérent, des actes extravagants, violents, de la tendance aux impulsions et en particulier aux impulsions sexuelles et suicides.
hdi durée et la terminaison de cet état sont variables. Dans certains cas il guérit soit avant l'accouchement, soit au moment de l'accouchement.
3' Diagnostic. — On voit que les deux types de psychoses de la grossesse sont sensiblement différents l'un de l'autre, à tous