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PREMIÈRE ÉPOQUE : ÉPOQUE PRIMITIVE

S'il est un fait historique bien étabh, c'est la prédominance de l'idée divine à l'origine des sociétés. Tous les peuples, à leur naissance, subissent le joug exclusif de la croyance religieuse, à ce point que la superstition semble être nécessairement l'une des phases initiales de leur évolution. Aux premiers temps de leur existence, tout est rapporté par eux à l'intervention céleste, et la folie elle-même, ils la considèrent comme la possession de l'homme par quelque divinité bienfaisante ou vengeresse.

Il en fut ainsi chez les Juifs, ainsi qu'en témoignent les épisodes relatifs aux emportements maniaques du roi SaOl et à l'accès de lycanthropie de Nabuchodonosor.

Chez les Egyptiens i, on retrouve des croyances et des pratiques analogues. Il existe à la Bibhothèque de Paris une stèle égyptienne datant du xiii^ siècle avant J.-C. dont l'inscription rappelle le fait d'une princesse asiatique possédée d'un esprit, qui fut guérie par l'intercession du dieu Khons. On sait aussi qu'il existait, en Egypte, des temples dédiés à Saturne, où l'on purifiait les insensés dans le but de les guérir.

Dans la Grèce antique, il en est de même et les noms de oa'.|JLOva»ÀT,TO'. , 6cOÂT^rTO'., svîpYOOjjLîvo'.. démoniaques, possédés des dieux, énergumènes qu'on donnait aux êtres privés de raison, prouvent assez à quelle origine on attribuait leur folie.

* Nous nous sommes aidt?. pour la rédaction de cet historique, des travaux de Thél\t, Lasègle et Morel, Marge, Ball, et surtout de l'excellent ouvrage de Semelaigne père.

PREMIKRE KPOoL'E : EPoyUE PRIMITIVE S

Tout le monde connaît Thistoire du malheureux Méléagre, celles du parricide Oreste, d'HERCuLE, d'AjAx, etc., si admirablement mises à la scène par les grands tragiques grecs, et celle non moins célèbre des filles de Prétis, roi d'Argos, qui, frappées par Ji non d'une sorte de lèpre, se crurent transformées en vaches et mugissaient à l'instar de ces animaux. La tradition rapporte qu'elles furent guéries par le berger Mé- LAMPE à l'aide de l'hellébore, de purifications et de cérémonies religieuses.

Les fous n'étaient pas tous considérés, cependant, comme la proie des divinités infernales. Dans le nombre il s'en trouvait qui, en raison de leur exaltation délirante, passaient, au contraire, pour les amis des dieux, pour des inspirés, et qui prophétisaient l'avenir. Parmi ces derniers, la Pythie de Delphes a été l'une des plus célèbres.

Avec de telles croyances sur la nature de la folie, le traitement des insensés devait évidemment consister en cérémonies religieuses et être confié à des prêtres. C'est ce qui avait lieu. En Grèce, les Asclépiades, sortes de prêtres médecins, qui dirigeaient les temples d'EscuLAPE, étaient spécialement chargés du soin de les guérir. Hippocrate, qui flétrit plus tard ces prêtres charlatans et dénonça leurs pratiques curatives où la spéculation jouait évidemment le principal rôle, nous a laissé un récit détaillé du traitement qu'ils employaient à l'égard des aliénés.

La cérémonie avait pour prélude une adjuration à la divinité malfaisante ; on la sommait de sortir du corps du possédé. Après quoi, celui-ci était soumis à des purifications, des expiations, des jeûnes, des exorcismes, des ablutions avec de l'eau lustrale ou du sang d'une victime expiatoire.

Parfois, à ces cérémonies religieuses étaient jointes les pratiques de la plus sage hygiène : les spectacles, les distractions, la musique, les promenades, le séjour aux sources thermales, les exercices dans les gymnases attenants. Aussi arrivait-il que certains malades guérissaient de leur délire, ce qu'on ne manquait pas alors d'attribuer à l'apaisement de la divinité offensée, et ce qui aboutissait nécessairement à des offrandes du plus haut prix, dont les prêtres s'enrichissaient.

Tels étaient, dans les temps primitifs, les idées qu'on se faisait de la folie et les moyens de traitement qu'on employait pour la guérir. Il nous faut passer rapidement sur cette période, d'ailleurs confuse, de l'histoire de l'aliénation mentale, et, après avoir mentionné les philosophes pythagoriciens qui, aux iv^ et ye siècles avant J.-C, arrachèrent des mains des prêtres les notions médicales qu'ils possédaient pour les confondre tantôt avec la philosophie, tantôt avec la physique et la métaphysique, nous en arrivons à Hippocrate, avec lequel commence réellement la médecine antique.

1^ Période hippocratique . — Hippocrate, le créateur de la médecine mentale, appartenait à cette famille de prêtres, les Asclépiades, qui prétendaient venir d'EscuLAPE et possédaient, ainsi que nous venons de le voir, dans la Grèce antique, le monopole de la cure de la folie.

Il naquit, comme on le sait, dans l'île de Cos, 460 ans avant J.-C. Bien qu'il n'ait point traité d'une manière spéciale de l'aliénation mentale, on peut aisément jUger, à la lecture attentive de ses œuvres, qu'il avait une connaissance assez précise de ce genre de maladies. Même avant lui, des distinctions s'étaient produites à cet égard, car c'est à la tradition qu'il paraît avoir emprunté les mots dont il fait usage : phrénitis, manie, mélancolie, mal sacré.

Hippocrate décrit la phrénitis d'après son étymologie, à côté de la pleurésie et de la pneumonie, et il en place le siège au centre phrénique. Elle consistait, pour lui, en un délire continu, dans une fièvre aiguë. Sa cause était réchauffement du corps entier par le sang, échauffé lui-même par son mélange avec la bile, qui le déplace et le change en sérum, lui ôte son mouvement et sa constitution habituelle. Quant aux symptômes, ils se trouvent indiqués en entier dans cette formule aussi succincte que précise qui résulte du livre des Epidémies et des Affections : « Délire aigu avec fièvre intense, carphologie,

pouls petit et serré. » L'affection, dont la durée variait entre les limites extrêmes de trois et de cent vingt jours, se terminait plus souvent par la mort que par la guérison.

Bien qu'il soit difficile de préciser ce qu'HippocRAXE et les anciens entendaient par phrénitis, il est permis de penser qu'ils comprenaient sous cette désignation la plupart des folies aiguës, idiopathiques ou symptomatiques, et, en particulier, le délire aigu fébrile.

Si les indications relatives à la phrénitis sont confuses dans les livres hippocratiques, celles qui ont trait à la manie le sont bien davantage encore.

Scientifiquement, les auteurs anciens, y compris Hippo- CRATE, considéraient la manie comme un délire violent, aigu ou chronique Dans la collection hippocratique, on la trouve généralement confond'ue avec la phrénitis et la mélancolie.

La mélancolie n'avait pas non plus de signification bien nette. Ses deux principaux caractères, pour Hippocrate, paraissent avoir été la crainte et la tristesse. Le tableau différait d'ailleurs, suivant que l'altération du cerveau était produite par la pituite ou par la bile. Dans le premier cas, il n'y avait pas d'excitation ; dans le second, cet état général était, à divers degrés, le principal caractère de la maladie.

En dehors de la phrénitis, de la manie et de la mélancolie, Hippocrate paraît avoir connu la folie de la grossesse et la folie alcoolique. En tout cas, il semble en avoir observé des exemples.

Dans le domaine des maladies nerveuses, il possédait quelques notions vagues sur Vhystérie, mais c'est surtout Vépilepsie qu'il connaissait à fond et qu'il a décrite avec le plus grand soin. Il avait même remarqué que l'épilepsie pouvait se compliquer de déhre.

Hippocrate n'eut pas seulement le mérite de reconnaître, le premier, la nature pathologique de la folie. Avec une insistance des plus louables, il s'appliqua à combattre les pratiques médico-religieuses des Asclépiades, pour leur substituer un traitement plus rationnel et plus médical. Dès lors, aux ablutions, aux exorcismes et aux incantations succédèrent la sai-

gnée, les purgations, les vomitifs, la balnéation, la diète végétale, les exercices hygiéniques, la musique, les voyages : en un mot, tous les moyens médicaux dont on pouvait disposer à cette époque. C'est lui qui régularisa l'usage de Vhellébore (veratrum album), employé empiriquement depuis la plus haute antiquité comme spécifique de la fohe, et qu'on engageait les malades à aller cueilhr eux-mêmes à Anticyre, petit village de la Thessalie, où croissait l'espèce la plus renommée. HippocRATE paraît s'être également servi, comme médicament spécial, de la mandragore, dans les cas de mélancolie suicide.

Quant à la question de savoir ce qu'on faisait des aliénés, s'il existait pour eux des établissements spéciaux, et si on employait à leur égard des mesures coercitives dans les cas graves et difficiles, nous en sommes malheureusement réduits, sur ce point, aux conjectures. Il paraît probable que les malades calmes et inoffensifs étaient laissés en liberté ou tout au moins dans leur demeure, sous la surveillance de leurs domestiques ou de leurs proches, et que certains étaient traités dans des maisons de santé (la-cpia), ainsi que semble l'indiquer un passage de Plutarque relatif à Antiphon, médecin de Corinthe. De même, une histoire d'aliéné, rapportée par Hérodote, permet de supposer que les moyens de contention les plus rigoureux étaient employés chez les anciens contre les ahénés dangereux. Il y est dit, en effet, que Gléomène, roi de Lacédémone, étant tombé dans une phrénésie avec violente agitation, ses parents Valaient fait lier dans des entraves de bois.

HippocRATE résume à lui seul, au point de vue de l'histoire de la fohe, la période hippocratique. Ses successeurs, qui ne furent d'ailleurs que ses imitateurs, n'ajoutèrent rien de nouveau à ses notions médicales sur l'aliénation, et, à l'époque du démembrement de l'empire d'ALEXANORE, la tradition scientifique se trouva transportée en Egypte, où elle reprit un certain éclat sous le règne des Ptolémées.

2^ Période alexandrine. — La période alexandrine, représentée surtout par Hérophile et Erasistrate, qui vivaient environ trois cents ans avant l'ère chrétienne, n'est, en

réalité, qu'une période intermédiaire entre Hippocrate ou le monde Grec, et Asclépiade et Gelse, ou le monde Gréco- Romain.

Faute de documents, cette période est demeurée très obscure, et nous sommes réduits à en chercher les traces dans Galien, les ouvrages d'ERAsisTRATE et d'HÉROPHiLE n'étant pas parvenus jusqu'à nous.

Mais, d'après ce que nous savons des connaissances scientifiques de ces hommes célèbres et des progrès qu'ils réalisèrent notamment dans le domaine de Fanatomie et de la physiologie nerveuses, il est permis de penser qu'ils possédaient des notions aussi exactes qu'étendues sur la folie, et qu'ils avaient repris et développé, à cet égard, les idées du père de la médecine.

Un siècle environ plas tard, sous Ptolémée Evergète II, le mouvement scientifique passa d'Alexandrie à Rome, grâce aux discordes survenues dans la famille des Lagides et à la dispersion des savants qui s'ensuivit. Mais ce fut surtout après la victoire de Lucullus et de Pompée en Asie que ce mouvement scientifique s'accentua dans l'empire romain.

3 ' Période gréco-romaine. — Cette période de l'histoire de la folie est surtout représentée par les noms d'AscLÉpiADE, Celse, Arétée, Soranus, Gœlius Aurelianus et Galien. Elle se termine par Alexandre de Tralles, Paul d'Egine et les Arabes, qui forment comme une transition entre le monde antique et le moyen âge.

Asclépiade de Bythinie (80 ans avant J.-C.) d'abord rhéteur, puis médecin, partisan convaincu de la théorie philosophique des atomes, établit d'une fafon formelle la démarcation de la folie admise implicitement par Hippocrate et c'est à dater de lui que les auteurs la divisent en aliénation aiguë avec fièvre ou phrénitis et en aliénation chronique sans fièvre ou manie et mélancolie.

Asclépiade étudia aussi les aperceptions (visa) et les distingua très nettement en hallucinations et en illusions.

Enfin, le fait de la transformation d'une forme de folie en une autre le frappa, et c'est probablement sous l'influence de

8 INTRODUCTION HISTOUIQUE

cette idée d'observation qu'il en arriva à essayer la médication substitutive, et à conseiller notamment l'ivresse dans le traitement général de l'aliénation mentale.

Celse (5 ans après J.-C.) n'a consacré à la folie qu'un petit nombre de pages. Au lieu du terme générique alienatio mentis employé par Asclépiade, il se sert du mot insania qu'il applique aux trois genres de folie dont sa classification est formée, savoir : la phrénésie (insania acuta), la mélancolie, qu'il attribue à l'atrabile, et enfin un troisième genre qu'il subdivise en deux espèces : 1*^ le délire hallucinatoire gai ou triste, sans délire (imaginibus non mente falluntur) ; 2° le délire général et partiel (animi desipiunt).

Celse s'étend plus longuement sur la question thérapeutique et il formule les règles les plus sages et les plus judicieuses du traitement hygiénique et moral. Malheureusement, une ombre existe à ce tableau, car il conseille formellement de recourir au jeûne, aux chaînes, aux châtiments, pour dompter l'ahéné, dès que ses actes ou ses paroles attestent sa déraison : « Ubi perperam dixit aut fecit, famé, vinculis, plagis coercendus est. »

Arétée de Cappadoce (80 ans après J.-C.) appartenait à la secte des pneumatistes. Son plus grand titre de gloire est d'avoir laissé des diverses formes d'aliénation mentale, et notamment de la manie et de la mélancohe, des descriptions d'une exactitude et d'une vérité remarquables.

Arétée considérait la mélancolie comme une tristesse de l'âme avec concentration de la pensée sur une idée fixe, sans fièvre : «. Melancolia in unâ re ahquâ est lapsus, constante in reliquis judicio. Animi angor in unâ cogitatione defixus atque inhœrens, absque febre et furore a phantasmate melancolico ort'us. ). C'était donc, pour lui, une folie à déhre hmité, circonscrit, ce qui la différenciait de la manie, qu'il considérait comme un trouble général de l'intelhgence.

Arétée décrit longuement et très nettement la mélancohe, et signale notamment les symptômes physiques qui l'accompagnent, tels que la constipation, la rareté de l'urine, les éructations, la fétidité de l'haleine, la petitesse du pouls, etc.

Quant à la manie, il la considère, avons-nous dit, comme un délire général, continu, sans fièvre et la différencie des délires toxiques produits par le vin, la mandragore et la jusquiame, par ce fait que ceux-ci surviennent soudainement et se dissipent de même, tandis que la manie est stable et permanente. Dans sa description de la manie, il signale cette exaltation intellectuelle qui, chez quelques malades, avive les facultés de mémoire et d'imagination au point de les pousser à parler d'astronomie, de philosophie, etc., et à faire de la poésie sans paraître avoir appris.

Arétée établit, dans plusieurs passages, que la mélancolie est un commencement ou une espèce de demi-manie, et que, d'autre part, lorsqu'elle tend à se dissiper, elle se change parfois en manie, plutôt par les progrès que par l'intensité du mal. Il fait remarquer aussi que les accès de manie peuvent être suivis d'une période dépressive.

La partie de l'œuvre d'ARÉTÉE consacrée au traitement, celle notamment qui est relative au traitement du déhre maniaque, ne nous est pas parvenue. Il est permis de supposer cependant, d'après ce qui nous reste de lui à cet égard, qu'une réaction s'était déjà produite en faveur des aliénés depuis Ce lse, car Arétée ne mentionne nulle part ni liens ni ligatures dans ses descriptions concernant les phrénétiques, même furieux. SoRANUs d'Ephèse (95 ans après J.-C), dont les œuvres ont été perdues, n'est connu que par Cœlius Aurelianus qui, un siècle plus tard, s'en donne, dans ses écrits, comme le traducteur et le commentateur.

Il est impossible de déterminer, dans l'œuvre admirable de Cœlius Aurelianus, ce qui appartient à l'auteur et ce qui revient au commentateur. Il est probable cependant que Cœlius Aurelianus a dû, sur un grand nombre de points, exprimer des vues absolument personnelles.

Au point de vue de la pathologie mentale proprement dite, Cœlius Aurelianus a très peu ajouté aux magnifiques descriptions laissées par Arétée ; il s'est borné à compléter sur plusieurs points les idées de son prédécesseur. C'est ainsi qu'il signale la distinction entre la phrénésie ou déhre fébrile et

l'aliénation mentale proprement dite, et qu'il insiste sur les troubles des fonctions organiques qui accompagnent la mélancolie au sujet de laquelle il dit : « In melancholicis stomachus, in furiosis verô caput affîcitur ».

Mais c'est surtout le chapitre relatif au traitement de la folie qui constitue la partie capitale de l'œuvre de Gœlius Aure- LiANus. Il y a là un admirable exposé des règles du traitement physique et moral des aliénés, un éloquent plaidoyer en faveur des mesures de douceur et, par suite, de la suppression des moyens de coercition ; en un mot l'énoncé complet de cette méthode qui devait ressusciter de nos jours sous le nom de norestraint. Gœlius Aurelianus s'y élève avec force contre les médecins qui ont recours par principe aux moyens violents de contention. Il y a surtout un passage qui mérite d'être cité : « Ils semblent plutôt délirer eux-mêmes, dit-il de ces médecins, qu'être disposés à guérir leurs malades, lorsqu'ils les comparent à des bêtes féroces qu'on adoucit par la privation des ahments et par les tourments de la soif. Séduits sans doute encore par la même erreur, ils veulent qu'on les enchaîne cruellement, sans penser que leurs membres peuvent être meurtris ou fracassés, et qu'il est plus convenable et plus facile de les contenir par la main des hommes que par le poids souvent inutile des fers. Ils vont jusqu'à conseiller les violences corporelles, le fouet, comme pour forcer le retour de la raison par une pareille provocation : traitement déplorable qui ne fait qu'aggraver leur état, ensanglanter leurs membres et leur offrir le triste spectacle de leurs douleurs au moment où ils reprennent l'usage de leur intelligence. »

Dans un autre passage, Gœlius Aurelianus dit encore, après avoir conseillé de faire maintenir les malades difficiles et agités par des surveillants habitués : « Si la vue des hommes les irrite, et seulement dans des cas très rares, on emploiera des ligatures, mais avec les plus grandes précautions, sans aucune secousse, en recouvrant attentivement toutes les articulations, et avec le soin de ne se servir que de liens d'une texture molle et délicate, car les moyens d« répression employés sans ménagement augmentent et même font naître

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