TROISIÈME ÉPOQUE I ÉPOQCE DE TRANSITION
la fureur, au lieu de l'apaiser. » On ne saurait plaider plus éloquemment la cause de l'humanité , ni formuler de plus sages préceptes au sujet des moyens de contention chez les aliénés.
Galien (150 ans après J.-C), le célèbre médecin de Pergame, qui écrivit cinq cents livres et dont les idées eurent une si immense influence sur son époque qu'elle retentirent avec la même puissance sur les quatorze siècles qui suivirent, a peu porté son attention sur l'aliénation mentale. Ce qui domine à ce point de vue dans ses écrits, c'est la division qu'il s'attache à établir entre la folie idiopathique et la folie sympathique ou par consensus, et l'importance qu'il accorde à cette dernière dans ses descriptions.
Après Galien, tout retombe dans l'obscurité et la confusion. Alexandre de Tralles (560 ans après J.-C.) et Paul d'Egine (630 ans après J.-C.) n'exposent aucune vue nouvelle sur la folie, et quant aux médecins arabes, Rhazès (850-923 après J.-C), Avicenne (980-1037 après J.-C), ils se bornent à développer les idées de Galien sur la folie par consensus, dont ils placent le siège dans les différents viscères, et surtout dans le foie et la rate. Dans sa récente « histoire de la médecine arabe en Tunisie » (Th. B, 1908), Ahmed Chérie cite et commente les ouvrages d'autres médecins arabes de cette époque, en particuHer un curieux Traité de la Mélancolie du à Ishaq Ibn Imras (ix^ siècle) et le chapitre sur la Maladie de V Amour d'un traité de médecine ayant pour titre « Zad Al Mouçafir », de Ahmed ibn Aljazzar (x^ siècle).