FIÈVRE TYPHOÏDE
5*^ Pronostic, — Au point de vue du pronostic, on peut dire que, malgré leurs réactions souvent désordonnées et violentes, et malgré certains signes de déchéance en apparence graves, les psychoses des infections aiguës aboutissent le plus souvent à la guérison, sauf le délire aigu méningitique, qui se termine parfois par la mort.
Il faut ajouter aussi que leur guérison n'est pas toujours bien complète et qu'elles laissent fréquemment après elles les sujets diminués et en état d' infériorité psychique, particulièrement en ce qui concerne la mémoire, indépendamment de V amnésie lacunaire, qui est à peu près la règle en pareil cas. Elles peuvent même aboutir, comme le fait justement remarquer Salazer (E., 1910), à la démence précoce,
6'^ Traitement. — Au point de vue thérapeutique, le traitement anti-infectieux, antiseptique, général ou local, donne souvent ici d'excellents résultats. C'est donc à la cure de l'infection ou de l'auto-jntoxication qu'il faut surtout recourir pour combattre et guérir le trouble mental.
Parmi les indications spéciales, celle qui s'impose avant tout est de procurer au malade un sommeil assez profond et assez prolongé pour que les troubles délirants et hallucinatoires ne puissent s'y manifester. Le chloral, le bromidia, le véronal, donnent à cet égard les meilleurs résultats, à condition de surveiller leur élimination par les reins.
7° Division. — Nous allons maintenant rapidement passer en revue, dans des articles distincts, les psychoses des maladies infectieuses aiguës suivantes : fièvre typhoïde ; grippe ou influenza ; pneumonie ; polynévrite ; -fièvres éruptives (variole, rougeole, scarlatine), diphtérie ; érysipèle ; rage.
§ 2 - FIEVRE typhoïde
La psychose de la fièvre typhoïde est le type des psychoses liées aux maladies aiguës infectieuses, et elle est, comme l'ont
7i8 PSYCHOPATHIES DES INFECTIONS
établi Nasse, Schlager, Christian, relativement assez fréquente.
±^ Psychoses de la période aiguë. — La psychose de la période fébrile ou psychose pertyphique (Marandon de Montyel) peut éclater dès le début de la maladie, à la phase initiale, et revêt le plus souvent alors la forme de confusion mentale avec violente agitation, c'est-à-dire les caractères de la psychose hallucinatoire ou même du délire aigu. Lorsque le délire apparaît ainsi au début même de la fièvre typhoïde, il peut en masquer plus ou moins les symptômes et entraîner de ce chef l'internement du malade dans un asile d'aliénés, signalé plus haut.
Mais ce n'est pas seulement dans la période initiale de la fièvre typhoïde que peuvent se manifester des troubles psychiques ; ils peuvent également survenir dans la période d'état. Ces délires de la période d'état sont encore mal connus et on en a cité des formes diverses consistant surtout en psychoses aiguës avec hallucinations terrifiantes (Thore, Christian),idées de persécution (Barié), déhre mystique (Chéron, Jof- FROY, Barié, Glover) ou même délire méningitique (Liebermeister cité par Kraepelin, Raymond).
Il est facile de voir, au fond de toutes ces constatations en apparence différentes, qu'il s'agit là des manifestations variées d'un seul type de psychose, la confusion mentale se présentant, au cours de la fièvre typhoïde, sous l'une de ses formes aiguës : délire hallucinatoire, stupeur, délire aigu.
2" Psychoses de la convalescence. — Les travaux, en ce qui concerne les délires post-typhiques, ont été plus nombreux et plus concordants. Depuis très longtemps déjà on a constaté en effet qu'un état psychopathique pouvait survenir à la suite de la fièvre typhoïde, soit durant la convalescence, soit plus ou moins longtemps après, et que cet état psychopathique se caractérisait essentiellement par une obtusion profonde et parfois absolue de l'inteUigence, à laquelle se joignaient souvent des idées délirantes variées, notamment des idées de sran-