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TROISIÈME ÉPOQUE : ÉPOQUE DE TRANSITION

1° Moyen âge. — Pendant toute la durée du moyen âge, l'étude de la folie se perd dans le chaos, et on n'en trouve plus trace. La croyance aux démons domine toutes les imaginations ; la superstition se répand de toutes parts ; c'est le règne de la sorcellerie, du sabbat, de la démonopathie, de la lycanthropie, de la possession démoniaque.

Aussi voit-on éclater, sur tous les points du territoire, ces

terribles épidémies de folie religieuse hystérique dont Galmeil nous a conservé l'histoire détaillée, et qui, toutes, après une série d'exorcismes et de cérémonies mystiques plus ou moins solennelles, aboutissent à la condamnation des aliénés, et à leur supplice par les tortures et le bûcher.

Des miniers de malheureux, victimes des préjugés populaires, payent de leur vie la perte de leur raison et deviennent la proie des flammes. Pas une voix ne s'élève pour les défendre ; les parlements eux-mêmes sont les plus acharnés dans cette lutte barbare contre de pauvres malades, et il faut arriver jusqu'au xv^ siècle pour renouer, au point de vue de l'histoire de la médecine mentale, la chaîne si longtemps interrompue. Encore les idées religieuses sont-elles tellement enracinées que les premiers médecins, Ambroise Paré lui-même, malgré les protestations encore timides de Xider, donnent de la folie des interprétations surnaturelles et l'attribuent à l'intervention des démons.

2^ Renaissance. — A la fin du xvi^ siècle, sous l'influence de l'impulsion donnée par Alciat, Wier, Leloyer, Montaigne, les médecins reviennent peu à peu aux saines traditions, et, successivement, Baillou, Nicolas Lepois, Félix Plater, Sennert, Sylvius de le Boe, Bonet cherchent, sans toujours y réussir, à secouer le joug des préjugés si tenaces légués par les siècles précédents.

Paul Zacchias (1584-1659), proto-médecin du pape et des Etats romains, consacre, dans son admirable livre intitulé : qusestiones medico -le gales, un chapitre des plus importants aux divers états d'ahénation mentale. On y trouve développées et résolues, à côté de descriptions cliniques aussi exactes que concises, toutes les considérations médico-légales que soulève la fohe, notamment en ce qui touche la capacité civile, la validité des actes, les intervalles lucides, la responsabilité morale et légale des ahénés. Vallon et Génil-Perrin viennent de consacrer une belle étude à Zacchias et à son œuvre (R. P. 1912).

Sydenham (1624-1689) ne traite que d'une manière incidente de la folie, mais il signale ce point intéressant de la manie développée à la suite des fièvres intermittentes.

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