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GRIPPE OU INFLUENZA

Si l'on en excepte quelques cas rares et isolés, notés antérieurement, C9 n'est guère que depuis les grandes épidémies récentes que les troubles psychiques de l'influenza ont été étudiés. Citons, parmi les travaux les plus importants sur le sujet, ceux de Kraepelin, Lada.me, Joffroy, Kirx, Althaus, PiERRET et Paret, Krypiakiewicz, Savage, Toulouse, RouGÉ, etc.

Gomme pour la fièvre typhoïde et pour toutes les infections aiguës, nous avons à examiner dans la grippe les psychoses de la période fébrile ou psychoses per grippales et les psychoses de la convalescence ou psychoses post-grippales.

1^ Psychoses de la période aiguë. — La grippe, de même que les autres maladies infectieuses aiguës, débute parfois par une crise de délire (Revilliod, Ewald, Althaus) qui, par cela même qu'il ouvre la scène morbide, peut faire croire à une foUe commençante et amener l'internement. Nous avons vu plus haut, aux générahtés (p. 716), comment l'erreur peut être évitée.

Les psychoses grippales de la période fébrile se traduisent par de la confusion mentale, en particulier par du délire hallucinatoire aigu ou du délire aigu.

Comme toujours, ces manifestations délirantes, exclusivement nocturnes ou à paroxysmes nocturnes, sont constituées par des scènes de rêve vécues et coïncident avec de l'oligurie et une céphalée souvent très pénible, rappelant presque celle de la méningite.

L'agitation est dans certains cas des plus violentes et le malade, principalement dans les paroxysmes de la nuit, parle, crie, s'épouvante et cherche à se lever, à s'échapper par la porte

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OU la fenêtre, pour fuir les dangers imaginaires que lui créent ses terrifiantes visions.

La crise délirante peut être très légère et très brève et se borner à quelques rêvasseries hallucinatoires, revenant, durant quelques nuits seulement, à l'entrée ou au sortir du sommeil. Elle peut aussi être continue, prolongée et très intense. Rarement cependant le délire aigu grippal se termine par la mort.

2^ Psychoses de la convalescence. — Kraepelin reconnaît quatre types dans les psychoses post-infectieuses en général : 1° le délire de collapsus ; 2^ la démence ou délire hallucinatoire avec stupeur (hallucinatorische Verwirtheit) ; 3» la démence ou délire asthénique (asthenische Verwirtheit) ; 4» la démence aiguë ou stupidité. Ces divers types s'observent dans la convalescence de la grippe ; ce ne sont d'ailleurs, sous d'autres noms, que certaines des variétés que nous avons admises à la confusion mentale, en particulier les variétés dans lesquelles dominent la torpeur et l'obtusion, c'est-à-dire des psychoses asthéniques.

On sait combien fréquemment la grippe laisse après elle un état d'asthénie physique et mentale profond, persistant, tenace : il n'y a donc pas lieu de s'étonner si les psychoses de la convalescence revêtent essentiellement un caractère asthénique. Les malades sont hébétés, stupides, désorientés, avec, sur ce fond de pseudo-démence, de l'agitation, du délire onirique, des hallucinations et un état physique qui traduit, comme l'état psychique de dénutrition, l'épuisement de l'organisme.

Parmi les psychoses post-grippales, il faut faire une place à part à la paralysie générale. La grippe est en effet l'infection aiguë qui donne lieu de la façon la plus fréquente et la mieux caractérisée au syndrome paralytique. Beaucoup d'auteurs ont cité des cas de ce genre, dans lesquels rien ne manquait au tableau clinique : embarras de la parole, tremblement ataxiforme de la langue et des lèvres, inégalité des pupilles, exagération des réflexes tendineux, affaiblissement mental, déhres absurdes et incohérents, etc. Mais, et c'est en cela que réside la

différence, le syndrome paralytique, dans la grippe, comme dans toutes les infections aiguës, n'est ni stable, ni progressif ; les symptômes somatiques même, tels que la dysarthrie et l'inégalité pupillaire, varient d'une journée à l'autre, voire dans la même journée, et le plus souvent, de cet ensemble si menaçant, il ne reste plus rien ou que fort peu de chose au bout de quelques semaines. La paralysie générale de la grippe, si elle est une vraie et non une pseac^o-paralysie générale, est donc bien le type de ces paralysies générales régressives ou temporaires auxquelles donnent lieu les infections aiguës.

3'^ Pronostic. — Les psychoses grippales, aussi bien celles de la période aiguë que celles de la convalescence, aussi bien celles qui affectent des formes d'apparence grave, comme le syndrome paralytique, que les simples confusions asthéniques et les délires oniriques purement nocturnes, sont habituellement curables et ce n'est qu'exceptionnellement, dans certains cas de délire aigu fébrile, qu'elles peuvent aboutir à la mort.

Mais l'intoxication ou, comme dit Pierret, V intoxication grippale, a une action particulièrement neurasthénisante, épuisante. Il s'ensuit que, bien que curables, les psychoses de la grippe durent souxQni plus longtemps que celles des autres infections.

Elles sont, comme celles-ci, suivies d'une amnésie plus ou moins complète et d'une asthénie mentale plus ou moins intense et durable, moins marquées cependant qu'à la suite de la fièvre typhoïde.

Elles peuvent atteindre les enfants (Kalischer, 1896), comme les adultes.

Nous avons déjà eu l'occasion de dire que toutes les psychoses des auto-intoxications et des infections, par cela même qu'elles ressemblent au délire alcoolique, avaient été souvent confondues avec lui.

Cela est plus particuHèrement vrai pour certaines d'entre

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elles : les psychoses du paludisme, des traumatismes chirurgicaux, de la pneumonie, etc., et encore aujourd'hui, beaucoup admettent par tradition que le délire da la pneumonie, de la pneumonie du sommet surtout, n'est pas autre chose qu'un délire alcoolique. Or, s'il est exact que les alcooliques présentent une aptitude spéciale à délirer sous l'influence des maladies qui les atteignent, pour la bonne raison qu'ils sont en état de chimisme instable et constamment prêts à faire de l'autointoxication, cette aptitude ne leur appartient certes pas en propre et on peut affirmer que dans la très grande majorité des cas de psychoses infectieuses, la cause réelle du délire, c'est l'infection.

Il existe donc de véritables psychoses de la pneumonie, dans lesquelles nous pouvons distinguer, comme pour les précédentes : 1° les psychoses de la période aiguë ; 2° les psychoses de la convalescence.

1^ Psychoses de la période aiguë. — 11 n'est pas rare que la pneumonie débute par du délire, délire habituellement brusque, agité, hallucinatoire, violent. <( Il peut arriver alors que l'individu soit transporté dans un asile d'aliénés. Mais la pneumonie, qui se déclare bientôt, vient en aide pour faire cesser la méprise » (Potain, 1897). Pas toujours cependant. car on a cité des faits, celui de Desplats (1902), par exempL . où une pneumonie s'est manifestée seulement par un ace» de délire aigu et l'élévation de la température. Il faut don se méfier toujours des accès de délire hallucinatoire aigu qui surviennent brusquement, s'accompagnent de céphalée, d troubles généraux et sont rapidement suivis de fièvre. Il y a. sous roche, quelque intoxication ou quelque infection qui ne tarde pas à éclater.

Le délire de la période d'état de la pneumonie est très fréquent ; pour certains auteurs il serait même presque de règle Calandruccio 1895, Brancati 1902). Ce délire revêt habituellement Tune des formes les plus aiguës de la confusion mentale, en particulier la forme du délire aigu méningitique.

Lo délire de la période d'état de la pneumonie peut affecter

aussi le type de délire hallucinatoire aigu, très semblable au delirium tremens et caractérisé comme lui par des visions terrifiantes d'animaux, de fantômes, de démons, d'assassins, des actes et des fugues panophobiques, de l'agitation violente, de la trémulation générale, etc. Rarement cette agitation fait place à de la stupeur ou alterne avec elle.

On peut observer dans le délire onirique de la pneumonie, comme dans celui de toute intoxication ou infection, une sorte d'état second ecmnésique faisant revivre le malade à une période ancienne de son existence. < The Lancet » a récemment cité un cas curieux de ce genre.

2," Psychoses de la convalescence. — Les psychoses de la convalescence de la pneumonie ont été bien étudiées depuis Baillarger, Thore, Mugmer, par divers auteurs, en particulier par Mairet (1887), Fraexkel, Raymond (1893) Calandruccio (1895), CoRONADO (1895), Moizard (1896), Fontaine (1898), etc.

11 résulte de leurs observations et de leurs travaux, très concordants, que la psychose de la convalescence de la pneumonie survient presque toujours au moment de la chute de la fièvre, de la défervescence et c'est là une particularité intéressante, car dans la plupart des maladies infectieuses aiguës, c'est pendant la convalescence proprement dite et quelquefois même assez tardivement, qu'apparaissent les troubles psychiciues. Aussi a-t-on vu dans ce délire un phénomène critique de la pneumonie.

Cette psychose de la défervescence a des caractères à peu près toujours identiques. Elle est essentiellement constituée par une confusion mentale aiguë avec hallucinations multiples. Mairet en a donné une bonne description générale.

Ces symptômes de délire hallucinatoire, nocturne ou nocturne et diurne, suivant leur degré, s'accompagnent d'une agitation motrice considérable, parfois suivie de stupeur. L'insomnie est la règle ; l'état général est précaire, la dénutrition très marquée.

C'est d'ailleurs à cette dénutrition, à cet épuisement de

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l'organisme et à l'inanition qui en résulte que Mairet et Fraen- KEL ont attribué le délire de la défervescence de la pneumonie. Calandruccio, Fontaine rapportent ce délire précritique, comme l'appelle le dernier de ces auteurs, à l'action des toxines pneumococciques, faisant remarquer que c'est le moment où ces toxines sont à leur maximum d'abondance et de virulence et où, par contre, l'organisme et le cerveau épuisés par l'infection sont à leur minimum de résistance. Fontaine observe aussi que ce délire se produit en même temps que la crise urinaire, si bien décrite par Roger et Gaume et par Charrin.

Le délire précritique ou de la défervescence de la pneumonie est en général transitoire et ne dure que quelques jours. Ce n'est qu'exceptionnellement qu'il se prolonge davantage.

Les psychoses de la convalescence proprement dite, c'est-à-dire celles survenant plus ou moins longtemps après la période fébrile, sont moins fréquentes que dans les autres infections aiguës. Elles y revêtent d'ailleurs les mêmes caractères de confusion mentale asthénique avec dépression psychique et physique intense, sans délire et sans excitation bien marquée.

§ 5 — POLYNÉVRITE

(Psychose de Korsakoff)

Dans divers travaux parus en 1887, 1889, 1890, le regretté Korsakoff, de Moscou, a décrit les troubles psychiques particuliers observés dans certains cas de polynévrite. Il a montréJ que ces troubles psychiques, presque constants dans la névrite! multiple des alcooliques, se rencontrent aussi dans les névrites] périphériques de causes diverses, telles que : affections hépatiques, fièvre typhoïde, tuberculose pulmonaire, paludisme, tumeurs de l'utérus, etc., et qu'ils sont, comme la polynévrite, d'origine toxémique, d'où le nom de psychose polynévritique ou cérébropathie toxémique sous lequel il a proposé] de les désigner.

Les observations de Korsakoff sur les troubles psychiques! de la polynévrite ont été continuées et précisées par les^

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nombreux auteurs qui se sont occupés depuis de la question.

Tous ces travaux s'accordent sur les caractères symptomatiques des troubles psychiques polynévritiques et sur leur origine toxique variable due non seulement à l'alcoolisme, mais encore à la plupart des intoxications et infections. En revanche, l'interprétation nosologique de ces troubles n'est pas uniforme et il existe à cet égard deux opinions bien différentes.

Nous commencerons par résumer la symptomatologie des trouble.^ psychiques polynévritiques. Nous discuterons ensuite leur valeur nosologique.

1° Symptomatologie. — la' amnésie, déjà relevée en 1884 par Charcot dans l'état mental de la polynévrite alcoolique, est le principal des troubles psychiques polynévritiques, celui sur lequel Korsakoff et ses successeurs, Serbski et Soukha- NOFF, ont le plus insisté. Cette amnésie est essentiellement une amnésie antérograde, actuelle ou de fixation, c'est-à-dire des faits présents qui, bien que perçus, ne font que traverser la conscience sans s'y arrêter et sans y laisser de trace apparente. Le sujet oubUe au fur et à mesure ce qu'on vient de lui dire, ce qu'il vient de penser, de formuler, d'exécuter, et il lui arrive de répéter plusieurs fois de suite et sans s'en apercevoir la même chose, de réclamer une boisson qu'il achève à peine d'avaler ou un objet qu'il tient dans sa main. Lorsque le cas est plus grave, l'amnésie porte aussi sur les faits antérieurs et il s'y mêle des pseudo-réminiscences de personnes et de choses, en particulier le faux souvenir d'événements et d'actes purement imaginaires, donnés comme réels par le malade, d'où tendance plus ou moins marquée aux récits inexacts, à la fabulation.

En dehors de l'amnésie, qui est prédominante, tous les autres troubles psychiques de la confusion mentale peuvent s'observer dans la polynévrite. Ils s'y présentent sous trois formes ou modahtéb que Ballet résume ainsi qu'il suit :

« a. Forme délirante. — Elle consiste en un délire qui présente d'habitude les caractères d'un rêve éve'illé : délire du soir et de la nuit au début et dans les formes légères, qui ne devient

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durable et permanent que dans les formes graves. Ce délire s'accompagne d'hallucinations vagues,' surtout visuelles, à caractère hypnagogique. Il rappelle tout à fait le délire onirique sur lequel Régis a appelé l'attention,

« Quelquefois, quand il s'est dissipé, il laisse après lui une ou deux idées fausses qui subsistent encore quelque temps (quelques jours ou quelques semaines) dans la conscience, comme y subsiste le souvenir d'un rêve inconscient. Au sortir d'une fièvre typhoïde, par exemple, au cours de laquelle le délire onirique a été intense, un malade reste pendant plus de quinze jours convaincu qu'il vient d'être décoré et qu'on vend pour son compte, à l'Hôtel des Ventes, de précieux objets rapportés par lui du Tonkin. Ces croyances fausses peuvent, dans la psychose polynévritique, constituer l'unique trouble : les malades racontent alors une série d'événements chimériques, sérieux ou sans importance, auxquels ils sont convaincus d'avoir pris part ; et ce n'est pas sans surprise qu'on entend quelqu'un de ces derniers, dont la logique et même la mémoire ne semblaient pas atteintes, assurer posément, alors qu'il n'a pas, depuis plusieurs semaines, quitté son lit, qu'il vient de faire une promenade à cheval oj de rendre visite à ses amis.

« b. Forme de confusion mentale. — C'est une de celles que la psychose polyné\T*itique revêt le plus souvent ; on observe aloi les troubles de perception, les défectuo.sités de l'association dt> idées, les erreurs de temps et de lieu, les changements d'état cénesthésique, avec physionomie tantôt mélancolique, tantôt maniaque qui caractérisent la confusion mentale : forme rarement transitoire, plus souvent prolongée et durable pendant des semaines, des mois, des années, pouvant même aboutir à la démence.

" c. Forme amnésique. — Il s'agit en général d'une amnésie assez particulière, en ce sens que le trouble mental est limité à celui de la mémoire ; la logique est intacte, le raisonnement ne paraît pas altéré, contrairement à ce qu'on observe dans le> démences organiques ou autres, mais il y a d'énormes lacunt > dans les souvenirs ; les malades ne savent pas s'ils sont souffrants depuis un mois ou depuis un an; s'ils ont déjà, dans la

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journée, reçu la visite du médecin ; les impressions actuelles effleurent leur cerveau sans y laisser d'empreinte. On devine que ce trouble est fort variable quant au degré.

<( Ajoutons que les formes dont nous venons de parler peuvent s'associer ou se succéder et qu'entre elles il y a des intermédiaires qui les rapprochent. >

Cette dernière remarque de Ballet est absolument just^^. A notre avis, même, il y a plus que des liens d'association, de succession ou de transition entre les trois types de troubles psychiques polynévritiques dont il résume si bien la description. Il n'y a pas là, en effet, pour nous, trois syndromes différents, dont un fait de confusion mentale, mais bien trois variétés d'un seul et même syndrome clinique : la confusion mentale, avec prédominance, suivant le cas, de l'élément délire, de l'élément obtusion ou de l'élément amnésie.

Comme dans toutes les autres infections, le syndrome paralytique, la paralysie générale ont été signalés concurremment avec des accidents polynévritiques, par Jolly, Som.mer. Meyer et Raecke et par Deroubaix qui a publié un cas de « syndrome de Korsakoff paralytique ».

2"^ Valeur nosologique. — En donnant la première description des troubles psychiques polynévritiques, Korsakoff en fit une psychose particulière : la psychose polynévritique, et ses amis et successeurs, considérant avec lui la " psychose polynévritique comme une forme morbide autonome dans laquelle les symptômes psychiques s'associent aux phénomènes polynévritiques >^ (Soukhanoff), la désignent aujourd'hui sous le nom de « Maladie ou psychose de Korsakoff ».

S'il s'agit, par cette dénomination, d'honorer la mémoire du savant professeur de Moscou, rien de mieux. Mais si Ton veut consacrer ainsi cliniquement l'existence d'une psychose spéciale, nous sommes forcé de dire et de montrer qu'il s'agit là d'une erreur.

La psychose polynévritique n'est pas plus en effet une psychose spéciale que toute autre psychose toxique ou infectieuse,

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que les psychoses typhoïdique, grippale, pneumonique, par exemple. Comme celles-ci, elle consiste en une confusion mentale liée à un processus toxique ou infectieux. Ce processus toxique ou infectieux, variable de nature (alcoolique, paludéen, tuberculeux, etc.) offre simplement ici cette particularité de se traduire par des symptômes de polynévrite en même temps que par des symptômes psychiques (atteinte bi-polaire de Dupré).

Quant à l'amnésie rétro-antérograde et fabulante, elle n'est pas particulière à la psycho-polynévrite ; on la retrouve, plus ou moins marquée, dans la plupart des confusions mentales, et, de façon tout aussi intense, dans certaines d'entre elles, comme la confusion mentale éclamptique, la confusion mentale insolatoire, etc.

Si j'insiste sur ce point, c'est que, en admettant comme forme morbide une psychose polynévritique, on tend forcément à oublier que ce n'est là cliniquement qu'une des innombrables manifestations toxiques et infectieuses de la confusion mentale et qu'on peut en arriver à voir la psycho-polynévrite dans toute confusion mentale, même sans aucun signe de polynévrite. C'est ce qui s'est produit, nous l'avons vu, en ce qui concerne la presbyophrénie de Wern'icke (voy. p. 554).

La psychose polynévritique ou psychose de Korsakoff n'est donc, nous le répétons, qu'une psychose toxique ou infectieuse ordinaire, à symptômes variés de confusion mentale, comme toutes les autres. C'est dans ce sens seulement qu'elle doit être comprise et entendue, et non comme synonyme de confusion mentale ou de psychose toxique et infectieuse en général.

§ 6 — FIÈVRES ÈRUPTIVES

(Variole, rougeole, scarlatine)

1"^ Généralités. — Les psychoses des fièvres éruptives sont exactement celles des infections aiguës. Elles se divisent en effet, comme elles, en psychoses de la période fébrile ou hyperthermiques comprenant les délires du début ou préfébriles et les délires de la phase d'état, et en psychoses post-fébriles comprenant

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