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TROISIÈME ÉPOQUE I ÉPOQUE DE TRANSITION

WiLLis (1622-1675), dont les travaux sont plus importants et marquent un progrès, sur ceux de ses devanciers, donne de bonnes descriptions de la manie et de la mélancolie qu'il divise en partielle et générale, de la stupidité, dans laquelle il réunit, comme on continua de le faire après lui, l'imbécillité, l'idiotie, la démence et même la stupeur. Ses descriptions sont malheureusement noyées dans de longues discussions sur les esprits animaux. Il signale la succession de la manie et de la mélancolie, et, dans cette indication, se trouvent les premières traces de ce qui a été décrit plus tard sous le nom de folie à double forme. Willis admet encore, quoique avec une certaine réserve, l'intervention des démons. Les règles du traitement qu'il expose sont remplies de sens ; malheureusement, il ne craint pas de conseiller, comme fréquemment nécessaire, les moyens de rigueur : « Prima indicatio curatoria disciplinam, minas, vincula œque ac medicinam requirit. Furiosi nonnumquam citiùs per supplicia et cruciatus, quam pharmaciâ aut medicamentis curantur. »

Bon ET (1620-1689), dans son Sepulcretum, insiste, comme l'avaient fait Galien et les Arabes, sur l'importance des lésions viscérales dans l'aliénation mentale, et rapporte longuement les lésions trouvées à l'autopsie dans les divers organes.

A cette même époque, on fait quelques tentatives heureuses de médication, et on rapporte un cas de récidive de manie traitée et guérie par la transfusion du sang, ainsi que quelques autres, guéris aussi par la trépanation.

Au xviii^ siècle, l'étude de la pathologie mentale entre définitivement dans une voie nouvelle. Il se produit bien encore quelques épidémies de folie religieuse et hystérique soit parmi les calvinistes persécutés, soit sur la tombe du diacre Paris, mais la nature maladive en est reconnue, et on leur oppose un traitement surtout médical.

ViEussENS (1641-1720), à part quelques névroses dont il fixe définitivement le siège dans le cerveau, ne cherche qu'à adapter ses connaissances en aliénation avec ses théories humorales.

BoERHAAVE (1668-1738) et son commentateur van Swieten (1700-1772) subordonnent également leurs idées en ahénation

à leurs vues théoriques et font tout découler de la malignité du sang et de Tatrabile. Ils donnent pourtant çà et là quelques bonnes descriptions de la manie, de la mélancolie et indiquent notamment, dans la phrase suivante, les principaux caractères physiques de la mélancolie avec dépression profonde, c'est-àdire de la stupeur : « Pulsus lentior ; frigus majus ; respiratio lenta ; circulatio per sanguinea vasa bona ; per lateralia minus bona ; hinc humorum secretiorum et excretiorum minor, tardior, cratior exitus ; minor consumptio, parcior appetitus. »

Mais bientôt, sous l'impulsion de Bonet, Vieusseivs, et surtout de Morgag.m (1682-1771), l'anatomie pathologique fait des progrès rapides, et on tend de plus en plus à abandonner les théories humorales et chimiatriques pour s'attacher surtout à l'examen des solides.

Sauvages (1706-1767), nosologiste avant tout, divise à l'infini les diverses formes des troubles nerveux. Sa huitième classe, constituée par les vésanies ou maladies qui troublent la raison, est subdivisée elle-même en quatre ordres : 1*^ les hallucinations (vertige, berlue, diplopie, tintouin, hypocondrie, somnambulisme) ; 2° les morosités, désirs ou affections dépravées (pîca, bouUraie, polydipsie, antipathie, nostalgie, terreur panique, satyriasis, fureur utérine, tarentisme, rage); 3° les délires (transports, démence, mélancolie, manie, démonomanie) ; 4° les folies anormales (oubli, insomnie). Chacun de ces genres offre à son tour des divisions plus ou moins nombreuses.

Çà et là, on trouve dans Sauvages quelques tableaux cliniques exacts, notamment celui de la mélancolie anxieuse (melancolia attonita). Mais son mérite a été surtout de réunir, sous le nom de vésanies, et dans un cadre complet, à peu près tout ce qu'on savait sur les maladies mentales à cette époque.

Lorry (1725-1772) donne aussi quelques bonnes descriptions, mais rendues confuses par son retour à une théorie moitié solidiste, moitié humorale.

CuLLEX (1712-1792), qui sert de transition entre l'époque de la Renaissance et l'époque moderne, rejette toute idée humorale et insiste sur la nécessité des recherches anatomopathologiques. Il range les maladies mentales parmi les né-

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