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B) — FORMES CLINIQUES

Après la description des symptômes de la paralysie générale que nous venons de faire, nous pouvons indiquer maintenant les principales formes symptomatiques de la maladie.

1° Forme simple ou démente, démence paralytique. —

De ce fait que le symptôme fondamental et constant de la paralysie générale, au point de vue psychique, est l'affaiblissement intellectuel pur et simple, c'est-à-dire la démence dégagée de tout délire, qui n'est ici qu'un élément surajouté, une complication, il s'ensuit que la forme vraie, classique de la paralysie générale est la forme démente ou sans délire, appelée aussi démence paralytique. Cette opinion de Baillarger, soutenue par Magnan et adoptée dans les précédentes éditions de cet ouvrage, est en effet exacte et conforme aux faits. Elle n'est cependant pas acceptée de tous et certains auteurs, tels qu'AR- NAUD, soutiennent que le délire existe toujours ou à peu près dans la paralysie générale, par suite que la forme démente est très rare.

Cette objection, inexacte même en ce qui concerne les paralytiques généraux des asiles, parmi lesquels on trouve, surtout

chez les femmes, une assez notable proportion de déments simples, l'est bien plus encore pour ce qui est des paralytiques généraux des hôpitaux, des polycliniques externes, de la clientèle de la ville, chez lesquels ils constituent la grande majorité.

La forme simple ou dém£nte, la démence paralytique proprement dite est donc bien la forme vraie, typique et classique, de la paralysie générale.

Ajoutons que cette forme doit comprendre non seulement les cas dans lesquels il n'existe absolument que de la démence, du commencement jusqu'à la fm, mais encore ceux où il se produit quelques poussées momentanées, transitoires et peu intenses, de délire.

Ajoutons aussi que la démenca est plus ou moins marquée suivant les sujets. Globale et très profonde dè> b début chez certains, elle est, chez d'autres, beaucoup moindre. Ce sont ces derniers malades qui peuvent encore, quoique paralytiques généraux avérés, continuer pendant un certain temps, tant bien que mal, leurs occupations professionnelles. Les symptômes somatiques d'embarras de la parole, de tremblement, d'incertitude de la marche, etc., l'emportant visiblement chez eux sur les symptômes psychiques, on dit parfois, pour ce motif, qu'ils ont une paralysie générale à forme somatique.

Il n'y a pas lieu d'admettre, comme on le faisait antérieurement, une forme congestive, dans laquelle les attaques apoplectiformes ou épileptiformes seraient particulièrement fréquentes.

2" Formes délirantes. — Les formes délirantes de la parah'sie générale sont celles dans lesquelles il existe, en plus de la démence, du délire.

On peut donc, suivant le type de cet état délirant surajouté, admettre plusieurs formes délirantes de paralysie générale : 1*^ la forme maniaque, expansive ou mégalomaniaque, celle qui s'accompagne d'état maniaque, de suractivité expansive, de déhre de grandeurs ; 2° la forme dépressive, mélancolique, hypo-

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condriaque, celle qui s'accompagne d'état mélancolique, de dépression, de délire triste, en particulier de délire d'obstruction et de négation ; 3° la forme circulaire ou maniaque dépressive, à double forme, celle dans laquelle il y a succession plus ou moins régulière d'états maniaques et d'états mélancoliques (de Lamaestre, Régis, Marquez, Th. B.,1907) ; 4'' la forme confusionnelle avec délire onirique, délire hallucinatoire, stupeur, délire aigu, celle dans laquelle la confusion mentale existe sous une quelconque de ses manifestations ; 5^ enfin et à la rigueur, la forme systématisée et la forme hallucinatoire ou sensorielle (Sérieux et Mignot), celles dans lesquelles dominent, comme troubles psychosiques, des idées délirantes systématisées ou des hallucinations.

Il est bon de répéter que ces formes délirantes sont loin de constituer des types cliniques bien définis. Elles persistent rarement telles quelles, en effet, durant tout le cours de la ma ladie, soit que les délires paraissent et disparaissent une ou plusieurs fois, à la façon de syndromes accessoires, épisodiques, soit qu'ils s'associent, s'enchevêtrent ou existent simultanément.

Dans ce dernier cas, il peut être difficile de dire si un malade présentant à la fois, par exemple, du délire des grandeurs et du délire hypocondriaque, est atteint d. forme maniaque ou de forme mélancolique.

Tout cela prouve, une fois de plus, que les délires dans la paralysie générale, bien que pleins d'intérêt, n'y ont pas la valeur nosologique capitale qu'on leur attribuait autrefois. Ils font partie des symptômes accessoires, inconstants et variables.

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