HYDROTHÉRAPIE
nu tes, de surveiller de très près le malade et de le réchauffer après par les frictions et l'enveloppement.
Salvant fait observer que le bain froid est un mode de traitement qui vise directement l'infection et l'auto-intoxication du fébricitant et constitue ainsi (en l'absence de contre-indications vasculaires bien déterminées) une médication pathogénique et non plus uniquement symptomatique, comme les autres médications habituellement usitées en pareil cas.
BrIAND (1880), DOUTREBENTE Ct MARCHAND (1904) OUt
traité le délire aigu avec succès par le bain froid. Cette pratique mériterait d'être étudiée de plus près et d'être étendue aux diverses formes de psychoses toxiques ou infectieuses aiguës.
En dehors des bains tièdes et des bains froids simples, on peut utiliser en psychiatrie les bains composés et médicamenteux de toute sorte. Une mention spéciale doit être réservée au hain général sinapisé qui a été préconisé tout particulièrement contre les psychoses mélancoliques.
La question de la balnéation et de l'hydrothérapie dans les maladies mentales a été discutée au congrès de Rennes (1905), sur un très bon rapport de Pailhas (d'Albi). La plupart des ahénistes français ont paru s'associer aux critiques de Christian contre le séjour des aliénés dans le bain durant des semaines et des mois et considérer avec lui cette pratique comme une sorte de moyen de contention pire que la camisole de force et que ne justifient pas des résultats thérapeutiques encore douteux.
On a également insisté sur la nécessité de perfectionner l'outillage balnéothérapique et hydrothérapique des établissements d'ahénés, ainsi que l'instruction professionnelle du personnel chargé de l'apphcation des douches et des bains.
30 Hydrothérapie. — Les procédés d'hydrothérapie utilisés en psychiatrie ne diffèrent pas des procédés ordinaires- Je rappellerai ici les plus connus, tels qu'ils sont indiqués par Delmas (de Bordeaux) dans son « manuel d'hydrothérapie ». [^ Les appareils, formules et procédés hydrothérapiques dif-
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fèrent suivant quïls relèvent de l'application de la chaleur ou de celle du jroidL
1° Parmi les procédés caloriques, nous citerons le maillot sec. Le patient, couclié tout nu sur un matelas, est recouvert d'une ou deux couvertures maintenues serrées et appliquées contre lui au moyen d'un drap, dans le but de provoquer la sudation.
Le maillot humide. On dispose sur un lit o-rdinaire deux -couvertures de laine par-dessus lesquelles on étend un drap préalablement trempé dans l'eau de 8» à 12° C, puis fortement tordu. Le malade est placé un sur le drap ; puis on l'enveloppe en interposant un pli du drap entre les jambes «t d'autres plis entre le bras et le corps, de manière à ce que toute la surîace de la peau soit en contact avec le drap mouillé. On replie ensuite les couvertures sur le malade en serrant assez fortem.^nt. Si on recherche les effets toni- sédatifs, l'enveloppement doit durer de dix à vingt- minutes ; de une heure «t demie à trois heures, comme pour le maillot sec, si on poursuit les effets sudoriftques.
Il existe d'autres procédés de sudation tels que les étuves, les bains en caisse, les fumigations et emkrocations. On donne le nom de bain russe à une sudation suivie d'immersion froide, et de bain turc à un bain russe suivi de massage.
Je signalerai encore comme mode d'emploi du calorique k baiti tiède, ia piscine, la douche de vapeur, la douche ohaude, la douche écossaise et la douche alternative. La douc3>e écossaise est la douche chaude suivie brusquement de la douche froide. La douche alternative est la douthe écossaise répétée plusieurs fois de suite.
2° L'application du froid se fait également par divers procédés au nombre desquels on doit mentionner : V enveloppement partiel ou général. L'enveloppement partiel porte le nom de ceinture^ en raison de la région le plus souvent soumise à ce procédé. Il s'opère au moyen d'une serviette imbibée d'eau froide et tordue phis ou moins dont on eato-ure le coqîs et pardessus laquelle on met un linge sec ou une toile imperméable de façon à provoquer un bain de vapeur local.
Le drap mouillé sert à l'enveloppement général. Trempé dans Teau froide et suffisamment tordu, on en enveloppe le corps et
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l'on pratique des frictions énergiques aTe^c la main posée à i>lat.
Dans V immersion, le corps est plongé dans l'eau froide. L'inimersion est totale (baignoire, cuve, piscine, bassin de natation) ou partielle (demi-bain, bain de siège, de bras, manuluves, pédiluves).
Oans le bain d'affusion, le corps plongé dans l'eau d'une baignoire à température moyenne, reçoit au moyen d'une pomme d'arrosoir, une pluie à température plus ou moins basse.
La projection d'eau froide sur le corps constitue la douche froide. La douche est générale ou locale. La douche générale est dite, suivant sa forme, fen piuie^ en cercle, en jet, en lame, en épingle, à palette, en lance, à colonne, à jet droit, à jet brisé.
La douche à son tour prend, suivant les cas, les noms de douche hépatique, splénique, épigastrique, hypogastrique, ascendante, vaginale, utérine, lombaire, anale, etc., etc.
L'hydrothérapie, ramenée à ses effe.ts thérapeutiques principaux, est sédative, stimulante &u tonique. D'une façon générale, les effets sédatifs résultent de l'emploi de l'eau chaude et les effets stimulants et toniques de l'emploi de l'eau froide. Toutefois ce n'est pas là une règle absolue, et la durée comm.e le mode d'application du hquide agissent tout aussi bien que sa température sur le résultat final. Sauf exception, la m.eilieure thérapeutique est celle ayant recours à des douches de moyenne pression, modérément froides ou tempérées (20 à 30^^), comme début du traitement, en ayant soin de teair:Compte de la saison, de la tempéirature, de l'atmosphère et de l'état du temps. Quant à la durée, elle ne doit pas dépasser dix secondes au début, avec l'eau à 12°, et une denii-niinute au maximum, si l'eau est élevée à nne température de 18 à ^24*' (Djelmas^. Au-dessus, c'est-à-dire avec la douche tiède, on peut aller àdeux, trois minutes et plus.
AxTHEAUME {Hev. de thérap. méd. chir., 1913) insiste justement pour que le psychiatre donne lui-même la douche à ses malades, après examen soi^eux de sa pression vasculaire avec l'oscillomètre de Pachos et varie quotidiennement la formule de sa douche suivant l'état du sujet. C'est ce qu'il appelle la douche d'opportunité.
Nous n'avons pas à faire ici la .description des appareils
d'hydrothérapie, aujourd'hui connus de tous. Bornons-nous à rappeler que les établissenients d'ahénés doivent posséder un matériel hydrothérapique convenable et approprié aux nécessités variables de la pratique. Pour le traitenient des ahénés à domicile, on peut se servir des divers appareils aujourd'hui | dans le commerce. Je leur préfère une simple pomme à arro- ■ sage qui, placée dans un récipient quelconque, permet en tout i temps et en tout lieu de donner des douches chaudes, froides, écossaises ou alternatives.
Nous ne passerons pas en revue toutes les affections mentales dans lesquelles l'hydrothérapie peut trouver son emploi. ! Bornons-nous à dire que, d'une façon générale, la douche dans les états mélancoliques doit être tonique et reconstituante avant tout, c'est-à-dire à pression moyenne, courte, générale et froide ; que dans les états maniaques agités, il convient de recourir à la douche sédative, c'est-à-dire attiédie et plus longue, ou mieux encore à l'emmaillotement prolongé à l'aide de linges trempés dans l'eau de 10 à 20^ (Kraepelin, Krafft-Ebing, Schûle, Arndt, Salgo, etc.) ; que, d'après Kraepelin (1902), ce même enveloppement serait le meilleur m.oyen de sédation contre l'excitation des catatoniques ; enfin que les pratiques hydrothérapiques froides sont absolument contre-indiquées dans la parah^sie générale.
4^ Électrothérapie. — L'électrothérapie, cette puissante méthode de traitement, n'a pas encore pris dans la thérapeutique des maladies mentales le rôle et l'importance auxquels elle paraît avoir droit. Comme dans les éditions précédentes, nous résunierons ici quelques-unes de ses indications, d'après les travaux de Erb, Kovalewsky et Jules Morel, et sur les conseils de notre am.i, le professeur J. Bergonié. On emploie, en psychiatrie, les procédés électrothérapiques usuels : le courant constant ou galvanisation, le courant interrompu ou faradisation, Vélectricité statique ou franklinisation, enfin les courants de haute fréquence de d'ARSONVAL.
a. Galvanisation. — La galvanisation cérébrale, dangereuse pour les uns (Fr. Franck, Mendelssohn, 1900), efficace pour
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les autres, serait sédative lorsque le pôle positif est au front, l'autre à la nuque, excitante si c'est l'inverse (Foveau de CouRMELLES, 1905). Elle est utile dans la neurasthénie (Hughes, Althaus), Vépilepsie (Hartenberg), la période prém.onitoire delà paralysie générale (Arndt, Hitzig, Schule), la lypémanie, la manie (Schule, Tigges, Von Heyden, Wiglesworth, etc. i. On doit commencer la galvanisation cérébrale avec un courant dont l'intensité part de 0 et augmente très lentem.ent. Le malade ne doit ni voir des étincelles, ni cligner des paupières si l'appareil est bien réglé. La durée moyenne de chaque séance est de cinq à dix minutes.
La galvanisation spinale a pour but de faire passer un courant à travers la moelle épinière. Elle peut donner d'excellents résultats dans les affections médullaires et la myélasthénie, niais n'est guère employée en médecine mentale, sauf parfois dans les psychoses avec excitation (Arndt et Newth). On peut, avec elle, employer un courant assez fort, 10 à 15 m.illiampères pendant environ dix à quinze minutes. Dans les nialadies fonctionnelles, la durée des séances doit être moins longue que dans les maladies organiques.
La galvanisation du système nerveux périphérique n'est guère utilisée en médecine mentale. Elle peut être appliquée cependant dans certaines psychoses à lésions des nerfs périphériques, comme la psychose polynévritique.
Quant à la galvanisation centrale et à la galvanisation générale, préconisées par Beard, elles sont d'une application restreinte et assez difficile.
b. Faradisation. — Le courant interrompu, induit ou faradisation est produit par la bobine de Rumkhorff spécialement construite pour les usages médicaux. Nous recomniandons un appareil à chariot donnant un courant aussi régulier que possible sur lequel on puisse monter soit une bobine à fil fin, soit une bobine à fil gros. On peut utiliser les m.êm.es électrodes que pour la galvanisation.
La faradisation cérébrale ou spinale ne se pratique presque pas en raison de ses résultats douteux et on a presque toujours recours à la faradisation périphérique. Celle-ci agit non seule-
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ment localement mais encore, par action réflexe, sur les centres nerveux, Cest en raison de cette action réflexe que la faradisation a été préconisée par Benedikt et Ar^dt dans certaines psychoses, notamment dans les cas de dépression psychique et de stupeur lypémaniaque. Les résultats obtenus paraissent très satisfaisants.
11 y a deux genres de faradisation : la jcuradis^tion superficielle et la faradisation profonde. La faradisation superficielle s'adresse surtout aux terminaisons nerveuses de la peau et par conséquent aux nerfs sensitifs. On la pratique à l'aide d'une électrode sèche ou de la brosse métallique. Pour faire pénétrer le courant plus profondément, jusqu'à la couclie musculaire, il faut que Pélectrode et la partie du corps sur laquelle elle doit passer soient suffîsam.ment humectées.
c. Electricité statique ou franklinisation. — L'électricité statique est produite par des machines à frottement ou à influence. Les plus usitées en France sont celles de Carré, de Voss, de ViGouRoux et de Wimshurst. L'électricité statique est employée sous la forme de baiii, de souffle, d'aigrett-e, de frottement ou friction et d'étincelle.
La franklinisation, remise surtout en honneur par Charcot et ViGouRoux, donne d'excellents résultats dans certaines névroses, notamment dans Vhystérie, la neurasthénie. Elle mérite d'être vulgarisée de même dans les psychonévroses et les psychoses, en particulier dans les obsessions et phobies, dans la inéiancoUe, l'hypocondrie, la confusion mentale, la stupeur. On combine, dans certains cas, son usage avec celui de la galvanisation ou de la faradisation.
d. Courants de haute fréquence. — Nous ne pouvons que mentionner les courants alternatifs de haute fréquence, car leur emploi n'a pas été sérieusement tenté, croyons-nous, en psychiatrie. La d'Arsonvalisation pourrait cependant être appliquée aux psychoses avec troubles de la nutrition, en particulier aux états mélancoliques et à la confusion mentale avec asthénie profonde.
5" JVlassothérapie. — Le massage a été jusqu'ici peu pratiqué en médecine mentale, au moins en France. Il est utilisé
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davantage dans certains pays étrangers, associé ou non à Thydrothérapie.
Je rappelle que les manipulations de massage les plus usitée.? sont : Veffleurage et le frottement, les frictions, le pétrissage, le tapotement et le hachage et les mouvements passifs. Je n'ai pas à les décrire ici. On se sert aussi, dans beaucoup de cas, du massage mécanique tel qu'il est organisé dans les instituts Zander.
Les différentes variétés de massage trouvent leurs indications spéciales en médecine mentale. Les frictions et les tffleurages, associés ou non aux bains froids, sont très utiles dans la lypémanie avec stupeur. L'n massage général, sous forme de pétrissage, est indiqué dans les différentes névroses, les psychoses hystériques, hypocondriaques et neurasthéniques (Kovalesky) et aussi les états confusionnels, surtout avec stupeur.
60 Photothérapie, rayons thérapeutiques, autres agents physiques. — Les belles études de Fixsen ont de nouveau montré tout le parti qu'on pouvait tirer de la lumière en thérapeutique. Il serait peut-être intéressant de reprendre la question en psychiatrie sur ces nouvelles bases, comme elle a été reprise dans les maladies nerveuses (Foteau de Cour.melles, 1903; JoiRE, 1903; Poussèpe, 1904).
DouzA (1901) aurait déjà obtenu des effets sédatifs chez les agités avec les rayons bleus et des effets de stimulation gaie chez les mélancoliques déprimés.
Signalons ici les essais récents de radiothérapie dans les maladies mentales, notamment dans la paralysie générale (Mari>"esco, 1912).
D'autres agents physiques, d'une moindre importance cependant pour le traitement, peuvent être employés comme adjuvants dans la folie. Je citerai à cet égard : la gymnastique, Yéquitation, le jeu de billard^ le tennis, le canotage, la natation, mais surtout le cydisme qui,, par la facilité de son em.ploi en tout lieu, peut convenir à beaucoup d'aliénés. Les Anglais, toujours les premiers en ces matières, ant déjà utilisé et signalé ses avantages (C, Théodore Ewart : Cyding for the Isane^ Mental science, 1890). J'y ai eu également recours, pour ma
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part, avec quelque succès, à la fois comme stimulant physique et comme dérivatif psychique, dans certains cas de neurasthénie, d'obsessions, d'hypocondrie et de mélancoHe, de confusion mentale. TissiÉ est revenu (1904) sur l'utilité de Véducation physique dans le traitement des maladies mentales. 11 est à peine besoin de rappeler ici les bienfaits du travail en plein air dans la cure des psychoses.