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ALIMENTATION? FORCEE OU GAVAGE

Il en est de même dans les états de confusion mentale, où j'ai obtenu d'excellents effets. Le lavage de l'estomac mérite donc d'être utilisé en psychiatrie et il est devenu du reste d'une pratique assez courante dans la thérapeutique des psychoses d'intoxication.

6° Alimentation forcée ou gavage. — Xous avons déjà dit qu'un certain nombre d'aliénés, recrutés principalement parmi les mélancoliques, les hypocondriaques, les persécutés, refusaient, parfois avec obstination, toute nourriture. C'est ce qu'on désigne sous le nom de sitiophobie. Dans ces cas, on est obligé de faire manger de force les malades et on a recours, pour cela, à V alimentation forcée.

L'alimentation forcée des aliénés comprend une foule de moyens de tout ordre et de toute espèce. Le plus pratique et le seul utilisé, on peut le dire, dans les cas rebelles, est le cathétérisme œsophagien. Je ne décrirai pas en détail ce cathétérisme, me bornant à rappeler ici les particularités principales du manuel opératoire.

Le cathétérisme œsophagien, chez les sitiophobes, doit être pratiqué par les fossés nasales et non par la cavité buccale, à cause des inconvénients et des difficultés qu'offre cette dernière voie. Le m.alade doit être assis ou couché dans son lit, la tête suffisamment élevée à l'aide d'oreillers. S'il est par trop agitée on peut le fixer au moyen de la camisole ou le faire maintenir par des aides.

L'instrument à employer de préférence est une sonde en caoutchouc, à parois épaisses, n^ 20 à 24 au moins de la filière Charrière, et d'une longueur considérable. Après l'avoir trompée dans de l'eau tiède, l'opérateur la prend de la main droite comme une plume à écrire à quelques centimètres de son extrémité inférieure et l'enfonce ainsi doucem.ent et progressivement, dans la narine. De la main gauche, il couvre les yeux du malade, de façon à lui dissimuler les divers temps de l'opération et à diminuer, par suite, sa résistance volontaire.

La difficulté principale de ce cathétérisme réside dans l'arrêt

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de la sonde sur la base de la langue, souvent maintenue appliquée par l'aliéné contre la paroi postérieure du pharynx. Il y a là un obstacle des plus sérieux. On triomphe de la difficulté en injectant subitement une certaine quantité d'eau par la narine restée libre ; le mouvement réflexe de déglutition qui se produit ouvre passage à la sonde qui glisse alors très aisément, si on profite de ce moment pour la pousser plus loin.

Quant au diagnostic d'une fausse route dans les voies aé- "riennes, il n'est pas souvent nécessaire, fort heureusement. Pourtant, le cas peut se présenter. On est certain que la sonde est dans l'œsophage lorsqu'elle a pénétré sans efîort dans un conduit lisse et dépourvu d'aspérités et qu'elle a pu être enfoncée, malgré sa longueur considérable, jusqu'au pavillon ; lorsqu'il ne s'est produit aucune gêne respiratoire ni aucune raucité de la .voix, alors mênie qu'on a bouché la sonde ; enfui lorsqu'on a entendu le bruit spécial des gaz de l'estom.ac, souvent plus ou moins odorants, venant éclater à l'ouverture de la sonde. Pour plus de précautions, car on n'en saurait trop prendre, on peut, avant de pratiquer l'injection alinientaire , verser seulement quelques gouttes de liquide dans la sonde et constater l'effet produit. S'il ne survient pas de quintes de toux avec nausées, congestion de la face et efforts pour expulser le liquide, il est à peu près certain que la sonde est dans l'œsophage.

Le cathétérisme œsophagien tern^iné, on opère l'injection des liquides alimentaires, en la faisant précéder chaque fois, suivant les indications que j'ai posées, d'un lavage de V estomac. Je me sers pour cela du tube de Faucher que j'adapte par sou extrémité inférieure, au moyen d'un ajutage en verre, à la sonde œsophagienne, et par son pavillon à un entonnoir ordinaire. Je puis ainsi faire successivenment et commodément d'abord le lavage, puis le gavage.

Les liquides nutritifs, préparés à l'avance et chauffés à la température du corps, doivent être constitués par des mélanges variés de lait, bouillon, œufs, peptones, lécithine, somatose, jus et poudres de viande, aliment complet, chocolat, vin, huile de foie de morue, etc., auxquels on ajoute, suivant les cas, des

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toniques, d^s ferrugineux et tous ks autres principes médicamenteux qui paraissent nécessaires.

L'opération doit être renouvelée deux fois chaque jour.

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