‹ Précis de psychiatrieChapitre 226 sur 278 · E) — AGENTS PHARMACEUTIQUES · texte numérisé non relu

E) — AGENTS PHARMACEUTIQUES

Les médicaments utilisés dans le traitement des états psychopathiques sont des plus variés et leur nombre s'augm.ente chaque jour. Au heu d'en ^aire ici une énumération sèche et forcément inconiplète, il me semble préférable d'indiquer d'un mot et par catégories les principaux de ces niédicaments.

1'^ Purgatifs. — Les purgatifs ont été en usage de tout temps dans la cure de la folie. Ils sont employés soit pour combattre la constipation, si fréquente chez les ahénés, soit pour opérer une dérivation salutaire sur le tube intestinal. On peut se servir indistinctement de tous les genres de purgatifs et les meilleurs ne sont autres que les mieux acceptés. Dans certains cas, cependant, il convient de s'adresser aux drastiques, en particuher aux pilules à base d'aloès, qui ont pour effet de congestionner le rectum et parfois même de rétablir un flux hémorrhoïdaire disparu. Dans d'autres cas, surtout lorsqu'on veut faire à la fois de la dérivation et de la désintoxication, il est préférable d'user de calomel ou de purgatifs salins et de les renouveler fréquemment sous forme de purgations légères ou même de laxatif quotidien.

2'^ Calmants, hypnotiques. — Les hypnotiques et les calmants sont, av€c les purgatifs, les médicaments les plus employés dans les états psychopathiques. Autrefois on ne se servait guère que de l'opium et de la morphine, mais la thérapeutique s'est enrichie, depuis, d'une quantité considérable de substances diverses à la fois plus efficaces et moins dangereuses. Dans le nombre, je citerai les bromures alcalins, le chloral, le chioralose, l'hédonal, le méthylal, le sulfonal, le trional, le tétronal, le véronal, le véronidia, le neuronal, leluminal, la paraldéhyde, l'héroïne, la dionine, l'hyoscine, la duboisine, etc., etc.

1002 THERAPEUTIQUE PSYCHIATRIQUE

Pour les détails sur l'action physiologique et l'emploi de ces médicaments, je renvoie aux récents traités de thérapeutique, en particulier à celui d'ARNozAN et Mongour et au rapport très documenté de Trénel au Congrès de Bruxelles (1903) sur le traitement de l'agitation et de l'insomnie dans les maladies mentales et nerveuses.

Je me borne à dire ici que les meilleurs calmants de l'agitation sont, suivant les cas, les bromures alcalins, le laudanum, la pantopon, la trinitrine (agitation des anxieux), le bleu de méthylène (Bodom) et surtout l'hyoscine et la duboisine, qu'on peut administrer soit par la voie buccale (Francotte), soit par la voie hypodermique, à la dose maxima de 1 à 2 milligrammes, en commençant par un quart à un demi-milligramme.

Quant aux hypnotiques, ceux dont l'action paraît la plus efficace sont le chloral, le médicament composé appelé le bromidia, le sulfonal, le trional et surtout le véronal. Ce dernier hypnotique ne doit cependant être employé que prudemment et à petites doses chez les sujets atteints d'insuffisance rénale ou hépato-rénale, car il peut y être toxique (Mongeri (1905, Vallon et Bessière, E. 1913).

30 Toniques, antipério clique s. — Les toniques tels que ferrugineux, quinquina, amers, arsenic, cacodylate de soude, arrhénal, phosphates et glycérophosphates, lécithine, acide form.ique, etc., etc., ont une grande utihté chez les aUénés, souvent sujets à l'anémie. La quinine a été préconisée dans certaines psychoses cycliques et surtout dans la psychose paludéenne, où elle peut produire parfois de bons effets. Beelitz (1904) a également effectué la cure systématique d'atropine dans les troubles mentaux périodiques.

4'^ Stimulants diffusibles, médicaments spéciaux. — L'emploi des stimulants : alcool, café, thé, caféine, théobromine, kola, éther, etc., est indiqué dans certaines psychoses, en particulier dans les états d'asthénie profonde.

Quant aux médicaments que peut spécialement réclamer chaque forme morbide, nous ne les énumérerons pas ici, dans

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