AGENTS PHARMACEUTIQUES
ce chapitre de thérapeutique générale, les ayant indiqués avec la maladie correspondante. Ils sont d'ailleurs éminemment variables, suivant les cas. Bornons-nous simplement à rappeler les médicaments et médications emménagogues, la persodine ou persulfate de soude, utilisée chez les sitiophobes, Vergotine, les injections d'ergotinine dans les ictus congestifs des paralytiques généraux, la médication iodée (Damaye A. X., 1908, 1911) et le collargol (Damaye et Mézie, E., 1909) dans les psychoses d'origine toxique, le « 606 » et le « néo-salvarsan » dans les psychopathies d'origine syphilitique, le nucléinate de soude ( J. Lépine, Doxath, Lôwexstein), associé àrarsenicparCouR- BON et Lassablière (C. 1911) contre l'asthénie physique et psychique, etc., etc., sans parler des traitements qui s'imposent contre les maladies incidentes et les coniplications, notamment vis-à-vis des maladies des organes génito-urinaires.
5*^ Opothérapie. — Une mention spéciale doit être réservée dans cette rapide revue à l'opothérapie en psychiatrie.
Tous les sucs organiques ou à peu près ont été expérimentés dans les affections nerveuses et mentales : thyroïdien, parathyroidien, thymique, pituitaire, cérébral, choroïdien, surrénal, splénique, testiculaire, ovarien, utérin, mammaire. Avec Eas- TERBROOK, qui a fait une étude générale de l'organothérapie dans les maladies mentales, nous dirons que tous ces produits sont loin d'être actifs et que V extrait thyroïdien, V extrait ovarien, Vextrait surrénal, Vextrait cérébral, enfin, paraissent seuls avoir une action réelle, plus ou moins im.portante.
Vextrait thyroïdien convient surtout aux états dystrophiques avec insuffisance thyroïdienne, dont le myiœdème, infantile ou des adultes, est le type. Ici, comme nous l'avons dit, les résultats sont, de l'aveu de tous, remarquables. Il est contre-indiqué, en revanche, dans les états s'accompagnant d'hyperthyroïdation, où conviennent mieux les préparations de sang d'animaux éthyroïdés.
L'extrait thyroïdien a été également em.ployé dans les affections mentales proprem.ent dites, soit contre un symptôme isolé, tel que le refus d'aliments ou sitiophobie, soit contre la
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maladie elle-m.ême : états mélancoliques, psychoses juvéniles, psychoses puerpérales, paralysie générale, etc., etc. Le travail de William Mabox et Warren L. Babcock (1890) qui a pour titre : c Revue des résultats obtenus par le traitement thyroïdien dans mille trente-deux cas de psychopathies » est, de tous, le plus important. Il conclut que les effets les plus favorables de ce traitement se sont noanifestés dans les cas de inanie aiguë et de mélancolie avec crises prolongées, dans les psychoses puerpérales et climatériques, les états de démence stupide et primaire. Les i^chutes après guérison sont moins fréquentes avec ce traitenient.
Je crois, avec ces auteurs, que le traitement thyroïdien devrait être plus couramnient et plus méthodiquement utilisé en psychiatrie. Il peut donner d'excellents résultats, en particulier dans certains cas de détnence précoce stupide et catatonique tendant plus ou moins déjà vers la chronicité.
Le traitement ovarien comporte lui aussi de fréquentes indications dans les psychoses.
En effet, tous les troubles psychiques liés chez la femme à l'une des étapes de la vie génitale ou à l'une des maladies de l'appareil génito-urinaire, et ik sont nombreux, relèvent de ce traitement. Citons les psychoses pubérales, hébéphréno-catatoniques, juvéniles ; les psychoses menstruelles, dysménorrhéiqu€:> et aménorrhéiques ; les psychoses ménopausiques, les psychoset< puerpérales, les psychoses des maladies ou des opérations gynécologiques, etc. Dans tous ces états morbides, l'opo thérapie ovarienne m'a donné des résultats favorables et dans certains cas, même, excellents.
Je l'ai également employée avec succès dans toutes les psychoses féminines, vésaniques ou auto-toxiques, qui s'accompagnaient de dysménorrhée ou de parox3-smes d'agitation au moment des règles.
Uopoîhérapie testiculaire ou orchàique, malgré les nombreux ' ssais dont elle a été l'objet, paraît avoir déçu, en psychiatrie, < omme ailleurs, les résultats qu'on en attendait. Peut-être lui Irouvera-t-on dans l'avenir des apphcations nouvelles et plus fructueuses, notamment dans les dystrophies autres que h
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myxœdème, telles que Tinfantilisme, le féminisme, le gigantisme, etc.
Uopothérapie cérébrale et Vopothérapie médullaire ne comptent pas non plus jusqu'ici de succès bien évidents dans les psychoses. De nouveaux essais sont cependant poursuivis actuellement avec la substance cérébrale dans certaines psychoses telles que la démence précoce et j'en ai fait moi-même avec Lalanne sans grand résultat encore, je dois le dire.
Uopothérapie surrénale a été également appliquée aux maladies m.entales. W.-R. Dawson (1901) a conclu de ses recherches spéciales à cet égard que les indications du suc surrénal s'adressaient surtout à la manie aiguë de date récente et, de façon générale, aux états d'excitation, dans lesquels il relève la pression sanguine, ordinairen^ent affaiblie. Il ne convient pas, en revanche, aux états de mélancolie et de stupeur marquée. Dans les cas où il est nécessaire de poursuivre une action durable, Topothérapie surrénale doit être pratiquée par la voie buccale.
Divers essais ont été tentés, dans ces dernières années, pour associer l'emploi des extraits organiques à celui d'une autre substance médicamenteuse telle que l'arsenic (Mabille, Arnozan), ou m.ême pour combiner un extrait à d'autres extraits dans la même préparation. Ces produits opothérapiques composites sont encore à l'épreuve.
On consultera utilement, pour tout ce qui a trait à l'opothérapie en psychiatrie, le rapport très documenté de Laignel- Lavastine (C, 1908), ainsi que ses travaux ultérieurs et ceux de Parhox et de ses élèves.