‹ Précis de psychiatrieChapitre 250 sur 278 · ACCIDENTS DU TRAVAIL ET ALIÉNATION MENTALE. — SECRET MÉDICAL · texte numérisé non relu

ACCIDENTS DU TRAVAIL ET ALIÉNATION MENTALE. — SECRET MÉDICAL

1' Accidents du travail. — Les accidents du travail déterminent très fréquemment des troubles du système nerveux consistant non seulement en- ces états de névroses ou de psychonévroses qui ont reçu le nom de névrose traumatique, mais encore en véritables psychoses.

Aux termes de la loi du 9 avril 1898, le m.édecin aliéniste peut donc être appelé et tend en fait à être commis de plus en plus fréquemment dans les cas de ce genre, soit par le juge de paix, soit par le tribunal ou la cour, s'il y a appel.

Il s'agit là, en somme, d'une expertise psychiatrique ordinaire, mais d'une expertise psychiatrique rendue particulièrement difficile par la nature habituelle des états morbides en jeu et par l'intervention possible de deux autres facteurs : V auto-suggestion et la simulation.

Ainsi que l'indique Vallon, les principales questions que l'expert est appelé à résoudre en pareil cas sont les suivantes :

10 Quels sont les troubles morbides observés ?

2^ Ces troubles sont-ils réels ou simulés ?

30 Ces troubles proviennent-ils du traumatisme en tout ou partie ?

40 Quelle incapacité de travail entraînent-ils, complète, incomplète, permanente ou temporaire ?

a. Simulation. — La question de simulation est de toutes la plus difficile à résoudre, d'autant que, ici encore, la simulation n'est souvent qu'un élément surajouté à des troubles réels et que, d'autre part, il peut y avoir du grossissement des symptômes, surtout dans les états de psycho-névroses, par auto-suggestion inconsciente ou par obsession, sans simulation proprement dite, auto-suggestion et obsession cessant d'habitude avec la fin du procès (sinistrose de Brissaud).

Il est souvent utile, pour résoudre cette question de simulation en même temps que pour fixer de façon précise la nature et la gravité de certaines lésions, de recourir à des examens complémentaires de spécialistes, examen oculaire, auriculaire électrique, radiographique, etc.

b. Etat antérieur, neurasthénie traumatique. — Une autre difficulté, très sérieuse aussi, consiste à déterminer si les troubles psychiques dépendent réellement et exclusivement du traumatisme, ou bien s'ils relèvent d'une autre cause ou enfin si le traumatisme a été simplement un facteur d'aggravation.

En ce qui concerne les troubles psychiques, on peut avoir affaire à un intoxiqué, par exemple à un alcoolique chronique, chez lequel le traumatisme n'a été que l'agent provocateur d'une psychose éthylique. La distinction est d'autant plus délicate que, ainsi que nous l'avons vu dans la partie descriptive de cet ouvrage, les psychoses traumatiques offrent tous le^ symptômes des psychoses d'intoxication en général et des psy choses alcooliques en particulier.

En ce qui concerne les psycho-névroses et en particulier 1 neurasthénie traumatique, il n'est pas rare non plus qu'on se trouve en présence d'un individu déjà neurasthénique ant< rieurement ou manifestement prédisposé à le devenir.

Une des formes les plus fréquentes de neurasthénie traumatique, d'après mon expérience, est la neurasthénie avec artériosclérose. Cette notion est importante parce qu'elle éclaire cer-

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