TROUBLES DE LA CONSCIENCE ET DE LA PERSONNALITÉ
Les troubles de la conscience et de la personnalité \(i\i,\i\\i dans les psychoses comme dans les névroses un rôle des plus importants. Aussi les signalerons-nous ici, après avoir essayé d'indiquer brièvement en quoi ils consistent. La psychologie n'étant pas encore parvenue à définir avec précision la conscience et la personnalité, il est difficile, par cela même, de définir exactement les altérations morbides qu'elles peuvent subir.
1» Conscience et personnalité. — La meilleure idée qu'on puisse se faire de la conscience c'est de la considérer, avec Th. Ribot et son école, comme un phénomène d'origine organique, dans la constitution duquel entrent comme éléments principaux : la perception exacte, V appropriation personnelle et le classement mnémonique de nos sensations.
Une sensation pourvue de ces attributs est une sensation consciente; une sensation qui n'est pas normalement perçue, rapportée au moi ou introduite à son rang dans la chaîne des souvenirs n'est pas une sensation consciente.
Une sensation consciente représente l'expression la plus simple d'un état de conscience, un état de conscience rudimentaire. Cet état rudimentaire se lie à d'autres états similaires pour former des agrégats ou des sytithèses de conscience. Enfin la conscience totale est la synthèse de ces synthèses, c'est-à-dire « l'ensemble de tous les états de conscience existant à la fois chez l'individu ».
Cette conscience totale varie donc nécessairement suivant les sujets et, chez le même sujet, suivant l'âge et le moment.
La personnalité ne doit pas être confondue, comme cela a lieu souvent, avec la conscience.
La personnalité, en effet, est plus que l'ensemble des états de conscience ; elle comprend aussi les états d'inconscience et de sous-conscience. Si bien qu'en fm de compte, on en arrive à conclure que la personnalité est l'individu lui-même, dans sa totalité, dans sa continuité, dans son unité psychoorganique, tandis que la conscience est simplement la partie éclairée, à chaque instant changeante, de cette individualité.
« Si je pouvais, dit excellemment J. Maxwell, faire une comparaison grossière entre les phénomènes de la vie psychique et les faits de notre expérience commune, je comparerais l'inconscient à une immense salle contenant une infinité d'objets. Cette salle est obscure ; pour apercevoir ce qu'elle contient, nous n'avons qu'une lanterne sourde, munie d'une lentille qui en projette les rayons en un faisceau conique, d'autant moins éclairant qu'il s'étend sur une plus grande surface ; pour reconnaître un objet, nous devons en approcher la lampe afin d'y diriger une lumière plus concentrée et plus vive. Mais nous ne pouvons pas voir les objets qui sont en dehors du cercle lumineux de la lampe. Les objets qu'elle éclaire sont nos*souvenirs. Plus notre lampe sera puissante, plus le champ qu'elle éclaire sera vaste, plus nous pourrons voir à la fois d'objets dans notre salle; de même, plus notre conscience active sera développée, plus elle embrassera de souvenirs dans l'immense réserve de l'inconscient.
« Mais, comme les lampes, les consciences n'ont pas la même puissance, les lampes elles-mêmes peuvent être munies de foyers très divers et nous concevons fort bien qu'une lentille de quelques milhmètres de distance focale ne nous donne qu'un champ fort étroit. Dans la vie psychique, si la conscience active est comme la lampe, l'attention est comme la lentille. Si l'attention n'a qu'un champ très limité, elle n'embrassera qu'un nombre de faits psychiques très faible. »
La conscience étant une partie importante de la personnalité, ce qu'on peut appeler la personnalité consciente, il en résulte que toutes les altérations de la conscience atteignent plus ou moins profondément la personnalité.