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CHAPITRE IX

contractions volontaires des muscles. Il appliquait un assez grand nombre de thermomètres plats, extrêmement sensibles, sur le cuir chevelu ; si Ton venait alors à déterminer dans différents muscles du corps des contractions énergiques de dix minutes et même plus, on constatait sur différentes parties du cuir chevelu des élévations de température dépassant souvent de beaucoup un degré Fahrenheit. Le docteur Amidon put ainsi établir une topographie crânienne de régions avec centres ou foyers, qui, à la grandeur près (ils étaient plus grands), correspondaient assez bien aux centres moteurs établis pour les mêmes mouvements par Ferrier et d’autres physiologistes partis de principes différents.

Phosphore et Pensée. — Il se dit là-dessus tant de sottises, à peu près classiques, que l’on me pardonnera quelques brèves observations. « Ohne Phosphor, kein Gedanke » (sans phosphore pas de pensée) : on connaît ce cri de guerre des matérialistes tapageurs de l’Allemagne de 1860. Le cerveau en effet contient, comme tous les autres organes du corps, du phosphore et bien d’autres ingrédients chimiques encore. Pourquoi a-t-on fait du phosphore l’essence même du cerveau? Mystère. On aurait tout aussi bien pu dire « Ohne Wasser, kein Gedanke » , ou encore « Ohne Koehsalz, kein Gedanke » (sans eau, sans sel, pas de pensée), car la pensée cesserait aussi bien si le cerveau se desséchait ou perdait son NaCl que s’il perdait son phosphore. En Amérique les avocats du phosphore ne manquent jamais de répéter l’opinion (authentique ou non) d’Agassiz, selon qui les pêcheurs seraient plus intelligents que les paysans, parce qu’ils se nourrissent de poissons, aliment si riche en phosphore. Tout cela est bien douteux.

Il y aurait un moyen, et un seul, de s’assurer de l’importance du phosphore : ce serait de vérifier si

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un cerveau qui pense en « excrète » plus qu un cer veau qui ne pense pas. Malheureusement il n’y a pas ici possibilité de vérification directe ; tout ce que l’on peut faire est de mesurer la quantité de PO» dans Furine ; différents expérimentateurs Font fait et ont trouvé, les uns que le travail intellectuel augmentait, les autres qu’il diminuait la quantité des phosphates dans Furine. En somme il est impossible d établir des relations constantes entre la consommation du phosphore et la pensée. L’on en excrète moins, semble-t-il, dans une crise de folie ; certainement plus dans le sommeil. Le fait que les composés du phosphore constituent des remèdes à l’épuisement nerveux ne prouve rien quant à son rôle dans l’activite intellectuelle. Il en est du phosphore comme du fer, de l’arsenic et d’autres remèdes : c’est un stimulant, un tonique, dont nous ignorons totalement les effets intimes dans les cas où on le prescrit, et qu il est fort

loin de soulager tous. ^ ^ +

Les philosophes du phosphore définissent souvent la pensée comme une sécrétion ; tout le monde a entendu dire que « le cerveau sécrète la pensée comme les reins sécrètent l’urine, comme le foie secrete la bile » Analogie boiteuse dont il est à peine besoin de souligner le manque de portée. Les sécrétions du cerveau sont les matières qu’il émei dans le sang . cholestérine, créatine, xanthine, etc., etc. ; voila es vrais analogues de Furine et de la bile; en ce sens, on peut considérer le cerveau comme une sans canal excréteur. Mais où trouver dans 1 activité sécrétrice des reins et du foie le plus petit équivalent de ce courant de la conscience dont s’accompagnen les sécrétions cérébrales ?

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