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CHAPITRE IX

autre appareil qui lui permit de prouver expérimentalement que le cerveau, cet organe si extraordinairement vasculaire, joue dans le corps le rôle d une éponge, et, par exemple, se gorge de sang quand l’irrigation sanguine vient à diminuer dans les jambes. Il plaçait son sujet sur une table-balance assez délicate pour que la tête ou les pieds la fissent s incliner de leur côté au moindre accroissement de leur poids : au moment précis où le sujet ressentait une émotion ou entrait en activité intellectuelle, l’afflux du sang au cerveau faisait baisser la balance du côté de la tête. Mais Mosso put fortifier ses conclusions d’une

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Fig. 50. — Tracé du pouls au sphygmographe. A, pendant un repos intellectuel ; B, pendant un travail intellectuel. (Mosso.)

éclatante preuve expérimentale quand il lui fut donné d’observer immédiatement chez trois personnes le cerveau mis à nu par des lésions du crâne ; grâce à des appareils décrits dans son livre, il obtint le tracé automatique d’une ligne enregistrant les pulsations cérébrales. Or la pression sanguine intracrânienne s’élevait dès qu’on parlait au sujet, ou dès qu’il commençait à penser avec effort, à résoudre, par exemple, un problème de calcul mental. Mosso donne dans son ouvrage un grand nombre de reproductions de tracés qui montrent des changements instantanés dans l’irrigation sanguine, lorsque l’activité mentale est accélérée par une cause quelconque d’ordre intellectuel ou émotionnel. Un jour, pendant qu’il enregistrait les pulsations cérébrales chez une femme, il

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observa une élévation subite sans cause appurente, interne ni externe. Mais cette femme lui avoua par la suite qu’à ce moment même elle avait aperçu un crâne sur un des meubles de la chambre, ce qui lui avait causé une légère émotion. ^ ^

Mesure de la température du cerveau. — Uadiviié cérébrale s'accompagne d'un dégagement local de chaleur. La première étude consciencieuse sur ce sujet fut faite par le docteur J.-S. Lombard, en 1867.

A l’aide de thermomètres délicats et de piles électriques qu’il appliquait sur le cuir chevelu de ses sujets, il trouva qu’un effort intellectuel quelconque, comme ceux de calculer, de composer, de réciter ou de lire des poésies, et surtout une excitation émotmnnelle, comme un accès de colère, causaient une élévation générale de la température, qui dépassait rarement un degré Fahrenheit. En 1870 Finfatigable Schiff reprit cette question et fit des expériences sur des chiens et des poulets vivants ; il leur enfonçait des aiguilles thermoélectriques dans le cerveau, puis, quand i s /s’étaient une fois accoutumés à ces appareüs, il .provoquait diverses sensations tactiles optiques ,

olfactives et auditives, dont chacune produisait régulièrement un changement suhit de la tempera ure intra-céréhrale. Quand, par exemple, il présentait un rouleau de papier vide au nez d’un chien immobile une légère déviation de l’aiguille se produisait, mais cette déviation s’amplifiait quand le rouleau de ppier contenait un morceau de viande. De ces expmiences et d’autres semblables, Schiff conclut que 1 activité sensorielle échauffe le tissu cérébral ; mais il se contenta de noter pour toutes les sensations une augmentation de chaleur dans les deux hémisphères, sans déterminer des localisations plus précises. Le docteur Amidon fit faire un pas de plus à la question lorsqu’on 1880 il localisa la chaleur produite par des

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