‹ Précis de psychologieChapitre 102 sur 348 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

organique les habitudes présentent plus de variabilité ; même les instincts changent d’espèce à espèce, et d’individu à individu dans une même espèce , et enfin dans le même individu ils se modifient en se pliant et s’adaptant, comme nous le verrons, aux exigences des circonstances. D’après les principes de la philosophie atomistique les habitudes de l’atome sont immuables comme sa nature même ; mais les habitudes d’un corps composé peuvent changer, .parce qu’en dernière analyse elles dépendent d’un mode de composition, d’une structure, que des forces extérieures et des tensions intérieures peuvent transformer d’un moment à l’autre, si toutefois ce corps est assez plastique pour se prêter à cette transformation sans y perdre son intégrité et sa cohésion personnelles. Changement de structure n’implique pas nécessairement changement de forme extérieure; il peut n’y avoir qu’un changement moléculaire invisible, comme dans la barre de fer qui se magnétise ou se cristallise grâce à des conditions physiques déterminées, ou dans la gomme d’écolier qui devient friable, ou dans le plâtre qui «prend». Tous ces changements sont plutôt lents, car la matière oppose aux actions transformatrices une résistance qui subsiste un certain temps ; à ne céder que petit à petit elle se sauve souvent d’une désintégration totale. La même inertie redevient une garantie de permanence relative pour la nouvelle forme et les nouvelles habitudes du nouveau corps. La plasticité, au sens large du mot, est donc le caractère d’une structure assez faible pour céder à une influence, et assez forte pour ne pas céder tout d’une pièce ; tout état d’équilibre relativement stable de cette structure a pour critérium ce que nous pouvons appeler un nouvel assortiment d’habitudes. La matière organique, particulièrement le tissu nerveux, semble avoir à un degré extraordinaire une

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