L’ATTENTION
L’étroitesse du champ de la conscience. — Voici bien l’un des caractères les plus surprenants de la vie mentale : nous ne percevons que la minime partie des impressions dont nous assiège constamment toute notre périphérie sensorielle. Jamais leur somme ne pénètre intégralement dans notre expérience, j’entends dans notre expérience consciente, qui se creuse un lit à travers cette multitude comme ferait un petit ruisseau à travers une large prairie émaillée de fleurs. Cependant les impressions physiques qui ne comptent pas nous sont aussi présentes que celles qui comptent ; elles affectent nos sens avec une égale énergie. Pourquoi ne percent-elles pas jusqu’à la conscience ? C’est là le mystère, que l’on nomme mais que l’on n’explique pas en invoquant F « étroitesse de la conscience » {die Enge des Bewusstseins) comme son fondement.
Son fondement physiologique. — Notre conscience est certainement « étroite » si on l’oppose à l’étendue de notre surface sensorielle et à la masse des courants afférents qui pénètrent en nous à tout instant. Aucun de ces courants ne peut évidemment trouver d’écho dans notre expérience consciente s’il ne réussit à pénétrer jusqu’aux hémisphères, et à