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CHAPITRE XIII

de rotation et d’accommodation qui doivent centrer l’image sur la tache jaune, point de sensibilité visuelle maximum. Cependant l’habitude nous rend capables de faire attention à un objet marginal tout en conservant aux yeux une immobilité absolue. Mais cela ne se peut sans qu’intervienne un effort dont le résultat sera, sinon de rendre l’objet parfaitement distinct (la place de son image sur la rétine rend cette distinction impossible), du moins d’en aviver beaucoup la conscience ; on n’a qu’à faire l’expérience pour s’en rendre compte. C’est par là que dans une salle d’étude un maître peut surveiller efficacement les mouvements d’enfants qu’il paraît ne pas regarder. Les femmes, en général, savent mieux que les hommes s’entraîner à ce genre d’attention visuelle marginale. Helmholtz donne de ce phénomène une analyse si frappante que je veux la citer intégralement. Il s’essayait à obtenir la perception en relief d’un volume unique par la combinaison de deux images stéréoscopiques éclairées un instant grâce à une étincelle électrique. Ces images étaient dans une chambre noire qu’illuminait de temps à autre l’étincelle ; pour éviter aux yeux de vagabonder pendant les intervalles, un trou d’épingle percé au milieu de chaque image permettait à la lumière de pénétrer du dehors dans la chambre noire, et d’y créer pour chaque œil un point brillant à fixer dans les entretemps d’obscurité. Grâce au parallélisme des axes visuels, ces deux points donnaient la perception d’un seul point : aussi leur perception en double avertissait-elle aussitôt du moindre mouvement des globes oculaires. Helmholtz trouva ainsi que des dessins linéaires très simples pouvaient donner aux yeux parfaitement immobiles la perception en relief d’un solide, et ce grâce à un seul éclair de l’étincelle. Mais il fallait de nombreux éclairs pour arri-

l’attention

ver à saisir dans leur totalité des photographies compliquées.

« Or, chose curieuse, tout en maintenant les 5* eux constamment fixés sur les trous d’épingle, de façon à ne percevoir qu’un seul point lumineux, on peut fort bien, avant l’apparition de l’étincelle, tourner volontairement l’attention vers telle région détermiminée du champ obscur ; et alors, l’étincelle venant à briller, on ne reçoit d’impression que des parties de l’image situées en cette région-là. Dans ces conditions l’attention est absolument indépendante de la position et de l’accommodation des yeux, et plus généralement de toutes les modifications intérieures et extérieures que nous connaissons à ces organes. Elle est tout à fait libre de se porter d’un effort conscient et volontaire sur une portion choisie du champ obscur et indifférencié de la vue. Il y a dans cette observation un fait de la plus haute importance pour une théorie future de l’attention (1). »

L’excitation « idéationnelle » du centre et la préperception. — Mais si, dans l’expérience de Helmholtz, les bords de l’image ne provoquent pas d’accommodation sensorielle, comment peuvent-ils encore être l’objet d'une attention quelconque ? Que se passe-t-il donc quand nous « distribuons » et «dispersons» notre attention sur une chose à laquelle nous refusons « d’ajuster » nos sens ? Ceci nous ramène à la première des conditions physiologiques signalées, à Lvoir la présence, dans les centres, du processus d’une idée ou ipiage. reffort attention aux parties marqinales de limage nest ni plus ni moins quun effort d’idéation, celui que nous faisons pour nous représenter intérieurement, de la façon la plus nette

(1) Helmholtz, Handbuch der physiologischen Oplik, § 31,

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