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CHAPITRE XIII

qu’il nous est possible, l’objet qui impressionne ces marges. Il faut que l’image vienne au secours de la sensation pour la rendre plus distincte. Mais elle peut venir avec plus ou moins de difficulté, et l’effort spécial qu’elle exige alors nous explique ce qui demeurait jusqu’ici inexpliqué dans le sentiment de « tension » que comportent les expériences d’atj tention où elle intervient. Il ne nous reste plus qu’à I montrer qu’elle intervient en toutes, qu’il n’y a pas j d’attention sans idéation anticipatrice, sans expérience I imaginative, bref, sans « préperception », selon I l’heureuse expression de Lewe.

Cette thèse se vérifie naturellement dans tous les cas d’attention intellectuelle, puisqu’ici la pensée ne peut porter que sur des idées, c’est-à-dire sur des reproductions ou conceptions intérieures d’objets. Il n’y a que les cas d’attention sensorielle qui puissent faire quelque difficulté : si donc nous pouvons prouver qu’eux aussi rentrent dans la règle posée, nous aurons démontré la présence d’une construction imaginative dans tous les cas d’attention. Mais pour cela, il faut bien se garder de faire porter l’analyse sur l’attention sensorielle arrivée à son intensité maximum ; car alors il est impossible de faire dans la perception résultante le départ de ce qui vient du dehors et de ce qui vient du dedans. Il faut considérer la préparation de l’attention : trouvons-nous toujours dans cette phase préliminaire la construction par l’esprit d un double imaginatif de l’objet auquel il s agit de faire attention ? Si oui, la question est tranchée et la loi établie.

Considérons d’abord les expériences que l’on a faites sur le temps de réaction. On a remarqué que ce temps s’abrège notablement quand le sujet fixe énergiquement son esprit sur l’idée du mouvement qu’il doit faire. Ceci tient, avons-nous dit au cha-

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