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CHAPITRE XIV

LA CONCEPTION (i)

Des états de conscience difîérents peuvent avoir une même signification. — J’entends par conception la fonction qui nous permet de penser séparément un

(1) Par conception W. James entend la fonction conceptuelle en tant que distincte à la fois du concept et de V objet conçu. Le concept est l’état de conscience qui conçoit ; la conception est la fonction du concept, la relation qui s’établit entre lui et son objet. (Cf. Principles of Psychology, 1, pp. 463 sq.) Ni la conception du triangle, ni le concept du triangle ne sont le triangle : ils sont toujours « ce qui comprend », et jamais «'ce qui est compris ». — James craint tellement que l’on donne à ses termes subjectifs une valeur objective, c’est-à-dire qu’on les interprète dans un sens hégélien, qu’il renonce délibérément dans son texte à parler de «concepts» et [ne parle jamais que de « conceptions ». C’est que, selon lui, « le mot conception ne présente aucune ambiguité », tandis que « le mot concept est souvent pris pour l’objet de la pensée ellemême, et que cette imprécision ne peut qu’introduire des faux-fuyants dans la discussion ». Cette remarque perd quelque peii de son importance en français, où c’est le mot conception qui est le plus vague, et où le mot concept signifie régulièrement une idée à sens fixe et inaltérable. C’est plutôt le mot «idée» qui présente chez nous l’ambiguité hégélienne. Aussi usons-nous à l’occasion dans notre traduction du terme interdit par James (et dont il est bien difficile de se passer), sans pour cela manquer à ses intentions ni fausser sans doute sa pensée. — Mais le lecteur devra toujours, sous peine de contresens, conserver durant tout ce chapitre aux termes conception et concept un sens exclusivement fonctionnel. (n. d. t.)

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