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CHAPITRE II

degré d’intensité, sont plutôt agréables à un très faible degré : un soupçon d’amertume ou d’odeur putride peut à tout le moins présenter quelque intérêt.

Loi de Weber. — J’ai dit que l’intensité de la sensation croît plus lentement que celle de l’excitation. S’il n’y avait pas de seuil, et si tout accroissement de l’excitation produisait un accroissement égal de la sensation, il faudrait représenter graphiquement la « courbe » de la relation entre les deux phénomènes par une droite.

Portons sur la ligne horizontale les intensités des excitations avec leurs valeurs égales : à 0 exci¬

tation nulle, à 1 excitation etc. Représentons les sensations par des verticales abaissées de l’oblique : à 0 sensation nulle, à 1 sensation figurée par -S* — 1, à 2 sensation <S^ — 2, etc. La ligne des S sera une droite, puisque par hypothèse les accroissements successifs des verticales (ou sensations) sont exactement proportionnels aux accroissements successifs des horizontales (ou excitations) correspondantes. — Mais, en fait, nous l’avons dit, les sensations croissent moins vite que les excitations. D’où, chaque nouvel accroissement des horizontales étant égal au précédent, chaque nouvel accroissement des verticales

DE LA SENSATION EN GÉNÉRAL

sera moindre que le précédent. Et la ligne des sensations s’incurvera progressivement.

La fig. 2 représente ce véritable état de choses. 0 marque l’origine de l’excitant partant de zéro . la courbe des sensations conscientes ne commence qu au « seuil », c’est-à-dire à la valeur 3 de l’excitation. A partir de 5, la sensation s’accroît, mais de moins en moins vite, jusqu’à l’acmé où la courbe se prolonge par une droite. — La loi précise de ces retards de la sensation est appelée Loi de Weber, parce que

Weber fut le premier à l’observer pour les sensations de poids.

Voici ce que dit Wundt sur cette loi et sur les faits qui la fondent :

« Chacun sait que dans le silence de la nuit nous entendons des bruits qui passent inaperçus dans le vacarme du jour. Le léger tic-tac de la pendule, le courant d’air de la cheminée, le craquement des chaises de la chambre, et mille autres faibles bruits s’imposent alors à notre oreille. On sait également que dans le brouhaha confus des rues et dans le tintamarre d’un wagon il arrive que les paroles de notre voisin et le son même de notre voix nous échappent. Les étoiles qui brillent le plus la nuit sont invisibles le jour, et si alors nous voyons encore la lune, au moins est-elle

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