‹ Précis de psychologieChapitre 193 sur 348 · CHAPITRE XY · texte numérisé non relu

CHAPITRE XY

voir les diagrammes des fîg. 58 (rappel intégral), 59 (rappel partiel) et 60 (rappel centré). Dans les trois

Fig. 58.

figures, A représente la pensée qui disparaît et B la pensée qui apparaît à sa suite. Dans le rappel inté-

Fig. 59.

gral, tous les éléments de A concourent également à évoquer tout La plupart des éléments de A restent

Fig. 60.

inactifs dans le rappel partiel ; seul M agit en se détachant du reste. M s’est encore rétréci dans le

l’association

rappel centré ; de plus, loin de disparaître une fois ses nouveaux compagnons évoqués, il reste au milieu d’eux, agit avec eux et détermine le point d’identité par quoi se ressemblent exactement les deux représentations associées (1).

Mais pourquoi un seul élément de la pensée qui s’en va se détache-t-il de son tout pour ne travailler, pourrait-on dire, qu’à son compte ? Pourquoi tous les autres éléments deviennent-ils inertes ? Ce sont là

(1) Selon Miss M.-W. Cslkins {Philosophical Review, I, p. 389, 1892), l’élément survivant de la pensée en train de disparaître, c’est-à-dire l’élément qui est l’artisan des associations par ressemblance, serait loin d’être toujours assez petit pour qu’on pût n’en faire que le « centre » de l’association.

« Si la vue de la salle à manger tout entière éveille en moi la représentation visuelle de sa table telle qu’elle fut hier au déjeuner, avec la même ordonnance des chaises, etc., et les mêmes détails aux alentours, j’ai affaire à une association pratiquement intégrale », et c’est cependant une association par ressemblance. Miss Calkins pense donc qu’il vaut mieux insister avant tout sur la distinction qu’introduit entre les associations la présence ou l’absence d’un prolongement de la représentation A dans la représentation B. Ce qui donne ; les associations disjointes et sans élément commun [désistent), où tout A disparaît devant B, et les associations conjointes ou avec élément cova.m.xm [persistent), où une partie de A subsiste en B et crée un lien de ressemblance entre les deux objets successifs. Si maintenant ce lien s’effile et devient assez ténu (v. g. dans les cas où il n’est plus qu’un rapport abstrait ou une qualité abstraite), l’association conjointe peut alors, mais alors seulement, mériter le nom de « centrée ». — La critique de Miss Calkins me paraît juste, et sa nouvelle classification des associations tout à fait utile. Elle revient à .celle de Wundt, qui divise les associations en internes et externes ; il appelle « internes » celles où les idées associées présentent un élément commun ; le mot-même de Miss Calkins, persistent, évoque le processus cérébral qui les explique ; et désistent, d’autre part, fait penser à des processus qui se disjoignent assez pour rendre « extérieures » les unes aux autres et sans lien commun les représentations qui se succèdent.

Page 1