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CHAPITRE XVI

de ressemblance, une association vienne enfin lui donner l’élément de solution cherché. Ce travail peut durer des années. Évidemment Tonne saurait donner des règles assurant automatiquement la découverte sûre et prompte des inconnues ; cependant, ici comme dans la recherche des souvenirs oubliés, on peut aider à la sommation des associations par des procédés quasi-mécaniques'. S’agit-il, par exemple, de retrouver un souvenir disparu ? Nous pouvons de ferme dessein passer en revue les diverses classes de circonstances qui peuvent d’aventure avoir quelque rapport avec ce souvenir, dans l’espoir de voir surgir la circonstance appropriée qui évoquera par association l’objet de notre recherche. Ainsi, nous pourrons penser successivement aux endroits où nous avons pu y songer, aux personnes avec qui nous avons conversé, aux livres que nous avons lus en ces derniers temps. Pour retrouver le nom d’une personne, nous aurons recours au Boltin et parcourrons les listes des rues et les listes des professions. Il y a bien des chances que ces investigations méthodiques de listes nous révèlent quelque détail associé à l’objet cherché, détail qui ou bien nous rappellera, ou bien nous aidera à nous rappeler Tobjet lui-même, mais qui nous aurait échappé peut-être sans ces procédés mécaniques. Stuart Mill a classifié dans ses « quatre méthodes de la recherche expérimentale » les procédés d’accumulation d’associations employés dans les sciences. Dans toutes les quatre (méthodes de « concordance », de « différence », de « variations concomitantes », de « résidus » — nous n’avons pas à les définir ici), on fait des listes de cas ; et c’est en ruminant ces listes que Ton peut espérer voir apparaître la cause cherchée. Mais ces procédés ne font que préparer la découverte : ils ne l’effectuent pas ; il faut que les processus cérébraux arrivent par une

l’association

coordination spontanée à déclancher la décharge décisive ; sinon l’on continuera à tâtonner dans 1 obscurité. Certains cerveaux ont plus que d’autres le privilège de ces décharges heureuses, et nous serions bien en peine de dire pourquoi ; il faut reconnaître franchement le fait et notre impuissance à l’expliquer. Même en dressant scrupuleusement nos listes de cas selon les procédés de Stuart Mill, nous restons à la merci du travail spontané de la ressemblance en nos cerveaux. Car pourquoi dresser ces listes copieuses de faits qui ressemblent à celui dont nous cherchons la cause, sinon pour faciliter les associations de ressemblance, grâce auxquelles les faits se suggéreront

rapidement les uns les autres ?

Le rapport de ressemblance n’est pas un facteur d association. - Voilà l’explication que je propose, d’abord pour les trois principaux types d idéation spontanée, et ensuite pour l’idéation volontaire. Je prie de remarquer que deux pensées qui s associent peuvent avoir entre elles tous les rapports logiques qu’on voudra ; ce ne sont pas ces rapports qui expliquent la succession, mais uniquement la presence d’une condition, et d’une condition d’ordre physiologique : il faut que l’objet A ait un processus cérébral tel que certains de ses éléments éveillent par habitude certains éléments du processus cérébral de l’obiet B. C’est cette excitation de processus qui est la cause de l’association par ressemblance aussi bien que des autres espèces d’association. Prise en elle même, la ressemblance de deux objets “ ment pour rien dans lenr association : elle n est pas une cause mais un effet, l’effet de la cause normale et pSogique des associations ; quand cette cause agft selon i mode spécial, il résulte une perception d! ressemblance ; c’est tout. On parle d ordinaire de la ressemblance comme d’un facteur direct d assoc a

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