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CHAPITRE XVII

d’avant, aux états de conscience mourants, qui dispa- . raissent à sa pointe d’arrière. Tous la traversent d’une allure uniforme, et sont constamment en tram de changer les coefficients de leur temps de traversée. Car de chacun d’eux nous sentons successivement, au fur et à mesure qu’il avance, d’abord « quil n est pas encore arrivé » ; puis « qu’il est presque arrive >> , ensuite « qu’il ne fait que de passer » , et enfin « qu i est définitivement passé ». Mais « le présent apparent », lui, ne passe pas tandis qu’ils passent, et ne change pas tandis qu’ils changent ; il est l’intuition de durée qui éclaire leur traversée à peu près comme un arc-en-ciel immobile illumine une chute d eau. Cependant chacun des faits de conscience emporte en disparaissant une aptitude à reparaître, et à reparaître non seulement avec ses anciens voisins, mais encore avec son ancienne coloration de durée. Remarquez, cependant, qu’il y a une différence absolue entre la reproduction d’un état de conscience « définitivement passé », qui a franchi pour toujours la dernière pointe arrière du « présent apparent », et sa perception immédiate dans ce présent dont il est sur le point de sortir, mais dont il fait encore partie à titre d’état de conscience qui « ne fait que de passer ». En effet, il n’y a aucune contradiction à concevoir un être qui n’aurait absolument aucune mémoire reproductrice, mais qui garderait cependant nne mémoire immédiate avec le sens du temps, le sens d’un pré¬

sent limité à quelques secondes, où il pourrait encore percevoir l’immédiatement passé.

Dans le chapitre suivant, nous aurons à voir comment la mémoire reproductrice, nantie de ce sens du temps que nous considérerons désormais comme une donnée, arrive à se rappeler des événements portant leurs dates.

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