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CHAPITRE XVIII

comme nous V avons vue agir dans V « association des idées. »

L’association explique le rappel. — C’est là une thèse chère aux associationnistes, qui l’ont copieusement développée. James Mill, en particulier, en donne un excellent exposé, que je vais vous citer tout au long, me sentant incapable de faire mieux. (Je vous demanderai salement de traduire à chaque fois « idée » par « objet » ou « chose pensée ».)

c( Tout le monde sait ce que c’est que de chercher à se ressouvenir d’une idée. Chercher, c’est évidemment n’avoir pas encore et faire effort pour avoir. Or, comment arrivons-nous à faire surgir dans notre conscience l’idée cherchée ? Si nous ne l’avons pas ellemême, nous avons au moins des idées en rapport avec elle. Nous parcourons haut et bas ces idées, l’une après l’autre, dans l’espoir que l’une d’entre elles nous suggérera celle que nous cherchons ; et celle qui y réussit se trouve toujours avoir avec elle un rapport assez étroit pour la rappeler par association. Je rencontre une personne que j’ai connue autrefois, mais dont le nom m’échappe en ce moment, encore que je désire me le rappeler. Pour le retrouver, je parcourrai un certain nombre d’autres noms, daiis l’espoir que l’un d’entre eux pourra se trouver associé à celui qu’il me faut. Je penserai à toutes les circonstances où j’ai vu cette personne, à l'époque où je la connus, aux personnes avec qui je la rencontrai, à ce qu’elle fit, à ce qui lui arriva ; et si, par bonheur, j’arrive à un détail associé à son nom, alors ce nom jaillira immédiatement dans ma conscience ; sinon, je perdrai mon temps. Passons maintenant à une expérience des plus vulgaires, qui ne manquera pas d’éclairer nos analyses. Tout le monde a désiré, à im mornent ou à l’antre, fixer un souvenir intéressant : comment s’y prend-on pouf en assurer la

LA MÉMOIRE

mémoire prompte et fidèle, c’est-à-dire pour être sûr de le retrouver à tel moment précis où l’on désire l’utiliser ? Il n’y a ici qu’un seul procédé, partout le même : on s’efforce de créer une association entre la chose à se rappeler et telle sensation, telle idée dont on sait préalablement qu’elle réapparaîtra exactement, ou à peu près, à l’époque uù l’on veut retrouver le souvenir. Cette association une fois formée, l’idée, en revenant, fait revenir le souvenir, et nous voilà arrivés

à nos fins. Un exemple entre mille : un ami vous donne une commission, et, pour ne pas oublier cette commission, vous faites un nœud à votre mouchoir. Comment expliquer ceci ? D’abord vous associez l’idée de la commission à l’action de faire le nœud. Or vous savez fort bien que le mouchoir est d’un emploi constant, et qu’il vous passera dans les doigts vers l’époque où vous désirez vous acquitter de la commission. Dès lors, voyant le mouchoir, vous verrez le nœud, et vous songerez alors à la commission : c’est précisément là le service que vous attendiez de votre association (1). »

En résumé, un homme qui cherche un souvenir dans sa mémoire ressemble à un homme qui cherche un obiet perdu dans sa maison : l’un et l’autre fouillent et retournent sens dessus dessous les objets dans le voisinage desquels ils supposent ce quils cherchent et le succès vient bientôt dire si leur supposition était juste. Ces objets voisins, quand il s’agit du souvenir, ne sont autres que ses associés. Le mécanisme du rappe est donc identique au mécanisme de 1 association , et le mécanisme de l’association, nous le savons s explique essentiellement par le simple jeu de la loi d Habitude dans les centres nerveux.

L’association explique également la conservation. —

(1) James Mile, Analysis of lhe Human Mind, ch. x.

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