CHAPITRE II
culièrement faciles pour la lumière, le son et les pressions. Commençons parce dernier groupe,..
« Nous trouvons un résultat étonnamment simple : il y a rapport constant entre le poids primitif et le poids additionnel, quelle que soit la valeur absolue des poids expérimentés... Si l’on prend la moyenne d’un certain nombre d’expériences, on trouve à ce rapport la valeur de 1 /3 environ ; quelle que soit donc la pression déjà faite sur la peau, nous sentirons un accroissement ou une diminution de pression dès que le poids ajouté ou enlevé s’élèvera au tiers du poids primitif ».
Suivent les procédés pour observer ces sentiments de différence dans les sensations musculaires, dans les sensations de chaleur, dans les sensations de lumière et de son. Puis Wundt conclut :
« Nous avons donc trouvé que tous les sens dont les excitants sont exactement mesurables obéissent à une loi uniforme. Si inégalement délicats qu’on les suppose dans leur perception des différences, on peut dire de tous qu’i7 y a rapport constant entre leur excitant total et V excitant additionnel qui provoque un accroissement de sensation. — On peut résumer ainsi les graphiques qui expriment ce rapport pour les différents sens :
Sensation de lumière . 1 / 100
Sensation musculaire . 1/17
Sensation de poids . ]
— chaleur . ( 1/3
— son . j
« Ces nombres sont loin de réaliser l’idéal de précision que l’on rêverait pour ces mesures. Mais ils donnent du moins une idée générale de la délicatesse et de la sensibilité relatives des différents sens... La loi importante qui exprime sous une forme si simple le rapport de la sensation à son excitation fut découverte, pour un certain ordre de faits, par le physiologiste Ernst Heinrich Weber (1). »
(1) Wundt, Vorlesungen über Menschen und Thierseele, Leipzig, 1863. Vorlesang vu. Band i, pp. 88-98.
DE LA SENSATION EN GÉNÉRAL
Loi de Fechner. — Une autre façon d'exprimer la loi de Weber consiste à dire que pour obtenir un nombre donné d’accroissements positifs de la sensation il faut conférer à l’excitation le même nombre d’accroissements proportionnels. Le professeur Fechner, de Leipzig, a fondé sur la loi de Weber une théorie de la mesure numérique des sensations autour de laquelle les discussions métaphysiques ont fait rage. Il considère comme des unités de sensation tous les minimums d’accroissement perceptible que produit l’accroissement progressif de l’excitation. Toutes ces unités sont égales pour lui, malgré le fait que des accroissements également perceptibles ne sont pas du tout nécessairement sentis comme également grands par qui les perçoit : le minimum d’accroissement perceptible est de 33,33 livres pour 100 livres et de quelques onces pour une livre, or ces deux minimums sont loin d’être également lourds pour qui les porte. Fechner ignorait ce fait. Étant donné que la sensation passe par n accroissements perceptibles distincts en allant du « seuil » à l’intensité s (grâce à 1 accroissement parallèle de l’excitation), il déclare que s est composé de n unités, unités de valeur égale sur toute la ligne (1). Une fois acceptée la représentation numérique des sensations, la psychologie peut, au dire de Fechner, devenir une science « exacte » et comporter l’application des mathématiques. Sa formule générale pour trouver le nombre d’unités d’une sensation S- représentant la sensation, R la
(1) Ea d’autres termes, si l’on représente par S la sensation en ^épéral et par d son accroissement perceptible, on a l’équation dS = const. - L’accroissement de l’excitation qui nroduitdS (appelons-le dR) varie sans cesse. Fechner 1 appel e « seuil différentiel » ; sa valeur relative à R est toujours la dR
même, et nous avons l’équation — = const.