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CHAPITRE II

valeur numérique de l’excitation, et C une constante à déterminer expérimentalement pour chaque ordre de sensations. La sensation est proportionnelle au logarithme de l’excitation ; et les valeurs absolues, en unités, des diverses séries de sensations pourraient être représentées par les ordonnées de la courbe de la fig. 2, si nous avions là une courbe logarithmique correctement tracée, avec des seuils exactement déterminés par des expérimentations.

La formule psycho-physique, pour lui garder le nom que lui donna Fechner, a été attaquée à tous les points de vue. Comme elle n’a donné aucun résultat pratique, il est inutile d’en parler plus longuement ici. Le principal succès du livre de Fechner aura été de provoquer des recherches expérimentales sur la valeur de la loi de Weber (qui, elle, se limite à la détermination des accroissements perceptibles, et ne dit rien du tout de la mesure de la sensation envisagée comme un tout), et de favoriser les discussions sur les méthodes statistiques. Comme nous le verrons en étudiant les sens l’un après l’autre, la loi de W eber n’est susceptible que d’une vérification approximative. Ce qui nous oblige à discuter les méthodes «statistiques, ce sont les extraordinaires fluctuations de notre sensibilité d un moment à l’autre. On a trouvé, notamment, que la différence entre deux sensations est sentie à un instant et ne l’est plus à l’instant suivant, lorsqu’on approche de la limite de « discernabilité ». Les variations incessantes et imprévisibles de notre organisme intérieur font que l’on ne peut définir le minimum d’accroissement discernable de la sensation sans prendre la moyenne d’un grand nombre d’expériences. Ces erreurs accidentelles , qui peuvent tenir à une augmentation aussi bien qu’à une diminution de notre sensibilité, sont éliminées dans la moyenne, car celles qui sont au-dessus et celles qui sont au-dessous de la ligne se

DE LA SENSATION EN GÉNÉRAL

neutralisent mutuellement dans le résultat final. C’est ainsi qu’on obtient la sensibilité normale, si toutefois il en est une, — entendez par là la sensibilité due à des causes constantes, nettement distinguées des causes accidentelles. Les méthodes de détermination des moyennes ont toutes leurs difficultés et leurs pièges, aussi ont-elles donné lieu à des controverses d’une incroyable subtilité. Pour signaler à la fois a complication de certaines de ces méthodes et la patience des chercheurs allemands, qu il me suffise de rappeler que Fechner, vérifiant pour les sensations de poids la loi de Weber par la méthode dite des cas vrais et faux, ne catalogua et ne calcula , pas moins de 24.576 cas distincts. .

Simplicité des sensations. - Voici quelle me parait être l’objection fondamentale à la théorie de Fechner • les causes externes de nos sensations peuvent etre composées de parties, mais non pas la sensation e lemême ; chacun de ses degrés distincts constitue, tout comme chaque qualité distincte, un fait de ^onsmenc indivisible. Chaque sensation est un tout complet.

« Une sensation forte, dit fort bien le ^

terberg, n’est pas le multiple d’une faible, non plus qu’un";omposé de petites sensations, ma^s plu^ nuelctue chose d’entièrement nouveau, et comme san ImLne mesure. Chercher une

entre les faibles et les fortes sensations de son, de lumière et de chaleur peut paraître a première vu an“srdépourvu de sens que d’essayer de calculer mathématiquement la différence salée et une saveur acide, entre un mal mal de dents. Il est clair que si une plus faible sensa ion de lumière n’est pas contenue dans une antipsychologique de dire que les dem ne d'^nt que par une question de plus et de moms (1). » (1) Beiîrâge zur exp. Psychologie, Heft 3, p. 4.

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