CHAPITRE XX
LA PERCEPTION
Sensation et perception. — Une sensation pure, nous l’avons vu page 15, est une abstraction à laquel e ne correspond aucune donnée immédiate isolable dans la conscience adulte. En effet, toute excitation reçue par un organe sensoriel court immédiatement aux hémisphères éveiller des processus nerveux ; or, nombre de ces processus ne sont que le résidu d’expériences passées qui s’éveillent avec eux ; e ainsi la sensation s’épaissit-elle de toutes les idees qu’elle suggère. La première de ces idees est 1 idee de Vobjet auquel appartiennent précisément les qualités sensibles révélées par la sensation ; on convient auiourd’hui de définir la perception la conscience de l’objet immédiatement présent à l’organe sensoriel. Mais cette conscience est loin d’avoir des limites précises ; elle peut ne porter que sur le nom de l ob et et sur ses attributs essentiels ; mais elle peut ega ment envelopper ses relations plus ou moins lointaines De là l’impossibilité d’établir une démarcation nette entre la conscience d’un objet nu et K conscience du même objet enrichi de ses relations Des qu’on dépasse le stade de la sensation pure (et il faut bien le dépasser), on entre dans le domaine indéfini des suggestions ; et celles-ci se fondent nécessai-