CHAPITRE XX
des centres corticaux déterminerait la nature de l’objet de rhallucination, tandis que seule la sensation périphérique lui donnerait V intensité à laquelle est lié le caractère d’extériorité. Mais, puisque cette intensité n’est, après tout, qu’une question de degré, on ne voit pas pourquoi, dans quelques rares circonstances, le degré suffisant ne pourrait être produit par des causes exclusivement internes. Nous aurions alors des hallucinations sans point de repère extérieur, à ranger à côté des hallucinations avec point de repère, les seules que reconnaisse la théorie de M. Binet. Des hallucinations à point de départ intérieur sont donc au moins possibles. Existent-elles en fait ? Ceci est une autre question. On est porté à le croire dès qu’on songe qu’il y a des hallucinations portant simultanément sur plusieurs sens, des hallucinationsvisuelles et auditives à la fois, par exemple. Mettez qu’ici l’apparition ait son point de départ dans une sensation visuelle : à coup sûr on n’en saurait dire autant des voix qu’elle fait entendre, et qui doivent avoir leur excitation dans les centres visuels, c’est-àdire au dedans.
Il est un cas que n’explique avec une précision suffisante aucune théorie : c’est le cas, qui semble très fréquent, des hallucinations « sporadiques » qu’on n’éprouve qu’une seule fois dans sa viè. Ces hallucinations sont extraordinairement complètes ; et ce qui les rend encore plus incompréhensibles, c’est que souvent elles se trouvent coïncider avec des événements réels, accidents ou morts, etc., des personnes apparues. Edmund Gurney a entrepris, et les membres de la Society for Psychical Research ont continué à sa suite, la première étude vraiment scientifique que nous ayons de l’hallucination envisagée dans toutes ses formes, étude appuyée sur une large base empirique d’observations et d’enquêtes. Le
LA PERCEPTION
Cessas a distribué les enquêtes par régions, sous les auspices du Congrès international de psychologie expérimentale. On peut espérer que tous ces efforts réunis arriveront quelque jour à nous donner des résultats instructifs et solides. Il ne fallait pas moins pour cela que de larges etudes comparées des phénomènes d’hallucination et de ceux, si voisins qu’ils se fondent avec les précédents, d’automatisme, de spiritisme, d’hypnotisme, etc. (1).
(1) L’auteur de ce livre est membre délégué du Census pour l’Amérique ; il sera reconnaissant à ses lecteurs de lui faire parvenir la description des cas d’hallucinations visuelles, auditives, etc., dont ils pourront entendre parler.