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LA PERCEPTION DE L’ESPACE

Une fois arrivés à l’âge adulte, nous sommes à même de percevoir avec précision et, semble-t-il, sans la moindre hésitation, les grandeurs, les formes et les distances des objets parmi lesquels nous vivons et nous mouvons. Nous avons, de plus, une idée suffisamment nette de l’espace réel, infini et continu où ces objets ont chacun leur place, et qui sert de réceptacle à notre univers. Cependant, il ne paraît pas moins certain que l’enfant ne possède aucune de ces connaissances précises, et n’a de son univers que des impressions vagues et confuses. Dès lors se pose la question de savoir comment il passe de ses perceptions indistinctes à nos perceptions distinctes de l’étendue : quæstio vexata entre toutes celles de la psychologie. Je ne prétends, dans ce court chapitre, ni recenser, ni discuter toutes les solutions qui en ont été données ; je me contenterai d’exposer, en la justifiant, celle qui me paraît la plus plausible.

La voluminosité est une qualité commune à toutes les sensations, tout comme l’intensité. Nous disons fort bien des grondements du tonnerre qu’ils ont un autre volume de sonorité que le grincement d’un crayon sur une ardoise. Quand on entre dans un bain chaud, l’on éprouve une sensation autrement « épaisse »

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