CHAPITRE XXI
visuelles soient d’elles-mêmes inétendues, mais seulement qu’il faut un sens des analogies d’une délicatesse inconnue à la plupart des hommes, pour retrouver d’emblée dans les formes nouvelles, les formes et rapports d étendue que présentait l’ancienne expérience tactile et musculaire.
Conclusion. — En résumé, toute l’histoire de la perception de l’espace s’explique, d’une part, si l’on admet l’existence d’une certaine étendue originelle dans les sensations, et d’autre part, si l’on accorde à la conscience qui élabore ces sensations, les facultés ordinaires de discrimination, de sélection et d’association. Pour n’avoir vu dans les données visuelles primitives que leur multiplicité, leurs variations et l’imprécision de leurs déterminations spatiales, bien des auteurs en sont venus à croire que la sensation pure n’avait ni grandeur, ni forme, ni localisation, etc., et que tout cela ne pouvait venir que d’un pouvoir supérieur d’intuition, de synthèse, que sais-je encore? Mais, le fait qu’une sensation peut servir de signe à une représentation jngée plus réelle qu’elle, suffit à rendre compte de tous les phénomènes, sans qu’il soit besoin d’en appeler à une faculté supra-sensible de l’esprit, pour créer de toutes pièces l’étendue en la tirant d’expériences inétendues.