‹ Précis de psychologieChapitre 290 sur 348 · IL INSTINCT · texte numérisé non relu

IL INSTINCT

ses manifestations ne dépendent toujours à peu près exclusivement des habitudes contractées aux années de sa pleine activité : les mauvaises compagnies font les débauchés impénitents, et la chasteté de la jeunesse facilite merveilleusement la chasteté de l’âge mûr. Le grand point en toute pédagogie est de battre le fer tant qu’il est chaud, ou, si vous voulez, d’utiliser avant leur reflux les vagues d’enthousiasme qui portent tour à tour les élèves aux différents sujets ; ainsi peut-on leur faire acquérir des habitudes de science et de savoir-faire, bref, leur garantir de vigoureux et durables courants qui portent et fassent avancer désormais leur barque. Il importe de ne pas laisser passer l’instant propice où les enfants acquièrent le tour de main en dessin, font des collections d’histoire naturelle, dissèquent et herborisent; ni celui, qui vient ensuite, où iis s’initient aux harmonies des lois mécaniques, aux merveilles de la physique et de la chimie ; plus tard, ce sera le tour de la psychologie introspective, des mystères de la métaphysique et de la religion ; et enfin viendra l’heure du drame des affaires, et de toute la science de la vie. En toutes ces spécialités, nous arrivons vite à un point de saturation ; l’élan de notre ardeur proprement intellectuelle tombe. Et s’il n’y a pas alors, pour le relever quelque avantage précis et personnel, qui nous intéresse à notre tâche et aiguise sans cesse notre attention, nous sentons bientôt nos énergies se tasser ; incapables désormais d’acquérir, nous vivons sur l’acquis, sur les connaissances que nous a léguées la jeunesse d’un esprit autrefois actif comme un instinct. Si l’on omet tout ce qui concerne sa profession, un homme n’a, sa vie durant, que les idées de ses vingtcinq ans ; passé ce temps des curiosités désintéressées et de la plasticité mentale, il n’a plus la force de s’assimiler des idées' nouvelles ; en son esprit durci,

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