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CHAPITRE XXVI

les organes où s’irradient sympathiquement les contractions qui accompagnent les grands efforts. Nul besoin d’une conscience directe de l’intensité du courant centrifuge. Tout ce que peut ici relever 1 introspection, c’est que la somme d’énergie dépensée se manifeste à nous exclusivement sous la forme de sensations afférentes, venues des muscles eux-mêmes, de leurs insertions, des articulations voisines et des contractions diffuses dans le larynx, la poitrine, la face et le corps tout entier. Ce sont ces mêmes sensations afférentes que nous retrouvons synthétisées dans la représentation d’une somme déterminée d’énergie à dépenser, et qui déterminent avec une précision absolue dans la conscience l’exacte intensité du mouvement à faire et l’exacte intensité de la résistance à vaincre.

Tendez et dirigez votre volonté vers un mouvement bien précis, puis analysez la conscience de cette direction de l’effort volontaire : que trouvez-vous alors en vous, sinon les images des diverses sensations auxquelles donnerait lieu le mouvement exécuté ? Faites abstraction de ces images anticipatrices : reste-t-il en dehors d’elles quelque signe, indication ou principe d’orientation, grâce à quoi la volonté puisse innerver les muscles qu’il faut avec l’énergie qu’il faut, et soit assurée de ne pas innerver d’autres muscles à l’aventure et à contretemps ? Il est trop clair que, les images enlevées, bien loin de vous trouver en face d’une conscience de diverses directions possibles où puisse s’engager la volonté, vous vous trouvez simplement en face d’une conscience absolument vide. Si, voulant écrire Pierre plutôt que Paul, je cherche ce qu’il y a dans ma conscience immédiatement^vant le mouvement de ma plume, j’y trouve des images tactiles et musculaires localisées dans les doigts, des images anditives de lettres, des images

LA VOLONTÉ

visuelles de signes graphiques ; et c’est tout. S’il s’agit de dire Paul plutôt que Pierre, c’est l’audition intérieure de ma voix résonnant dans mon oreille, et diverses images de sensations musculaires de la langue, des lèvres et du larynx, qui règlent ma prononciation. Je ne vois en tout ceci que des sensations afférentes, dont la représentation mentale détermine l’acte aussi complètement que possible : entre cette représentation et l’acte lui-même, il n’y a aucune place pour une troisième espèce de phénomène psychique.

Il y a bien le fiat de la volonté décidant l’acte ou y consentant. Ce fiai, pour moi comme pour vous, constitue l’essence même du caractère volontaire de l’acte ; et nous aurons à en reparler avec tout le détail convenable. Mais nous pouvons le négliger complètement ici ; car il n’est qu’un coefficient constant qu’on retrouve dans toutes les actions volontaires, et qui ne saurait servir à les distinguer les unes des autres. Personne, je pense, ne prétendra que sa qualité varie selon qu’il s’agit de mouvoir le bras droit ou le bras gauche.

Ainsi donc, loul ce que V introspection nous découvre dans la conscience, avant l’acte volontaire, se réduit à des images anticipatrices des sensations que va produire le mouvement, accompagnées (en certains cas) d'un fat, ou consentement à V actualisation de ces sensations. L’analyse ne nous montre rien qui nous force à croire à une conscience de décharge centrifuge. Tout le contenu de la conscience, aussi bien de la conscience du mouvement que de la conscience de n’importe quoi, a donc une origine périphérique, et nous arrive toujours la première fois par le canal des nerfs afférents.

L’ «image-déclic » (motor eue). — Appelons ainsi la dernière image qui précède la décharge nerveuse, [et

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