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CHAPITRE III

exemple, il doit y avoir des points correspondants. Qu’un rayon venu d’un même objet impressionne simultanément ces points, il devra nécessairement être vu dans une seule et même direction. — L’expérience vérifie cette déduction. Si nous regardons la voûte étoilée en maintenant nos yeux parallèles, aucune étoile n’est vue en double ; et les lois de la perspective montrent que, dans ces conditions, les rayons parallèles qui viennent de chaque étoile doivent frapper dans les deux rétines des points qui sont géométriquement semblables. De même une paire de lunettes tenue à environ trois centimètres des yeux nous donne l’impression d’un seul et très large verre indivis au milieu. Nous pouvons encore faire une expérience analogue à celle des deux petits disques noirs. Prenons deux images exactement semblables , dè la dimension des vues stéréoscopiques ordinaires : si chaque œil regarde celle qui lui fait face (une cloison médiane l’empêchant de voir l’autre), nous ne verrons qu’une seule image sans relief, dont aucune partie ne sera vue en double. En effet, des « points correspondants » étant impressionnés dans les deux rétines, les deux yeux voient dans une même direction leurs objets respectifs qui fusionnent en un seul.

Mais, ici encore, avec des images différentes reparaît la rivalité rétinienne ; et, détail intéressant, l’image combinée n’est rien moins que nette quand il s’agit d’une première expérience. C’est qu’en effet, l’accommodation, comme nous l’avons vu page 40, devient très difficile à cause de la distance rapprochée de la feuille de papier où l’on regarde les images ; en même temps, la convergence se relâche, et chaque œil voit l’image qui est située en face de lui.

Images doubles. — Nous tenons maintenant une loi il y a localisation commune pour des images tombant sur des points correspondants (ou géométrique-

LA VUE

ment semblables) des deux rétines. Et voici un corollaire de cette loi : des images tombant sur des points non correspondants (ou géométriquement dissemblables) des deux rétines doivent être vues dans des directions différentes., c' est-à-dire que leurs objets doivent être localisés en deux endroits différents et apparaître doubles. Supposons que les rayons

parallèles partis d’une étoile tombent sur les deux yeux en train de converger sur un objet rapproché O (au lieu d’avoir leurs axes parallèles comme dans l’exemple précédent). Les deux images de O tombent sur les deux taches jaunes, et sont, par conséquent, extériorisées en un seul objet. Si, dans la figure 10,- S Z, et SB sont les rayons parallèles, chacun d’eux frappera la moitié intérieure (= côté du nez) d’une rétine. Mais ces deux moitiés intérieures, géomé-

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