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CHAPITRE III

triquement symétriques, ne sont pas géométriquement semblables. L’image de l’œil gauche donnera donc une étoile située à gauche de 0, et l’image de l’œil droit une étoile située à droite. L’étoile, en un mot, sera vue double, — « homonymement » double.

Inversement, si c’est l’étoile qu’on regarde directement, les axes de vision restent parallèles, et c’est au tour de l’objet rapproché 0 de paraître double, parce que ses deux images impressionneront les deux moitiés extérieures (=: côté de la joue) des deux rétines, au lieu d’impressionner la moitié extérieure d’une rétine et la moitié intérieure de l’autre. La position des images projetées sera donc l’inverse de la position précédente : l’image de l’œil droit apparaîtra à gauche, et l’image de l’œil gauche à droite. Les images doubles seront « hétéronymement » doubles.

Les mêmes raisonnements et les mêmes conclusions retrouvent leur application dans les cas où il s’agit, non plus de moitiés de rétine géométriquement dissemblables, mais de points dissemblables de deux moitiés semblables. Naturellement les différences de position sont ici moins accentuées que tout à l’heure, et les doubles moins écartés l’un de l’autre.

De nombreux observateurs ont fait, selon la méthode dite « haploscopique », de minutieuses expériences qui viennent confirmer cette loi et l’existence sur les deux rétines de points correspondants à direction visuelle unique. (Pour le détail de ces expériences, recourir aux traités spéciaux).

Perception visuelle des volumes. — Cette description de la vision binoculaire s’appuie donc sur la théorie dite des « points correspondants » . En somme elle donne une formule exacte des faits. Un seul point prêterait à chicane : comment se fait-il que nous ne soyons pas plus troublés par les innombrables images doubles que

LA VUE

doivent constamment produire les objets situés en deçà ou au delà du point fixé? Mais il y a une réponse à cela : c’est que nous nous sommes entraînés à ne pas faire attention aux images doubles. Dans la mesure où les choses nous intéressent, nous orientons vers elles nos

Fig. 11.

taches jaunes ; si donc un objet impressionne des points non correspondants, c’est la meilleure preuve de son peu d’importance : point ne nous est besoin de savoir s’il se loge en un endroit ou en deux. Un contre-entraînement de longue haleine nous rendrait habiles à découvrir des images doubles, — mais cet art-là, a-t-on justement remarqué, exige un apprentissage de plus d’une et même de plus de deux années.

Lorsque la disparité des images n’est que légère, il est presque impossible de les voir doubles.

Elles donnent plutôt la perception d’un objet solide. — Précisons ceci à l’aide de la figure 1 1 . Regardons les nœuds situés au milieu des lignes a et b, de la même manière que nous regardions les petits disques de la figure 8. Le résultat connu se produit : les nœuds fusionnent sur une ligne médiane. Mais leurs lignes ne fusionneront pas tout entières ; car, grâce Fig. 12. à leur inclinaison, leurs sommets tombent sur les moitiés temporales et leurs bases sur les moitiés nasales de nos rétines. Nous verrons donc deux lignes qui se coupent en leur milieu (fig. 12). Dès

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