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CHAPITRE XXVI

rapprochés dans le temps et l’espace. Au contraire de ces diverses représentations privdégiées, les considérations venues de loin, les abstractions raffinées, les raisons inhabituelles, les motifs étrangers aux instincts historiques de la race, les représentations d’objets absents ou éloignés, n’ont qu’un coefficient faible ou nul. Si donc ces impuissants arrivent jamais à prévaloir, ce ne sera qu’au prix d’un etfort Et ceci nous donne un critérium pour discerner 1 efiort normal et sain de l’effort anormal et pathologique : l’effort normal se rencontre partout où des motifs non instinctifs requièrent un supplément de force additionnelle pour réussir à déterminer la décision.

La santé de la volonté comporte de plus une certaine complication dans le processus qui précède le fiat ou l’action. En même temps quelle éveille sa propre impulsion, chaque représentation excitatrice doit également éveiller ses associées et leurs impulsions ; et l’action doit être la résultante, ni trop prompte, ni trop lente, de toutes les forces ainsi engagées. Même dans les cas de décision très rapide, une sorte de revue préliminaire de ces forces et une perception anticipatrice du meilleur parti à prendre doivent normalement intervenir avant le fiat. Et pour que la volonté soit saine, il faut d’une part que cette perception soit juste, (c’est-à-dire fondée sur des motifs conservant, autant que possible, leurs coefficients respectifs d’efficacité normale,) et, d’autre part, que l’action se laisse docilement guider par elle.

Les maladies de la volonté peuvent donc provenir de causes multiples. Il se peut que l’action suive trop vite l’excitation de l’idée, et ne laisse pas le temps aux idées associées d’apparaître et de jouer leur rôle normal de freins : on a alors une volonté précipitée. Ou bien les idées associées peuvent intervenir, mais le rapport normal des forces impulsives et des forces

LA VOLONTÉ

inhibitrices est faussé : et l’on a affaire à une volonté pervertie. Celte perversion, à son tour, peut provenir de nombreuses sources diverses : trop ou trop peu d’intensité d’un côté, trop ou trop peu d inertie d un autre côté, trop ou trop peu d’mhibition ailleurs. Si nous rassemblons et comparons les symptômes extérieurs d’une volonté pervertie, ils se rangent aussitôt en deux groupes comprenant ; le premier les cas ou l’action normale est impossible, autrement dit, les cas d’ « obstruction » de la volonté ; le second, les cas où l’action anormale est irrépressible, autrement dit, les cas d’ « explosion » de la volonté.

Cependant, ne l’oublions pas. 1 action resultan touiours du rapport entre les forces d’obstruction et les forces d’explosion engagées, l’examen des symptômes extérieurs ne saurait jamais suffire a nous révéler à lui seul la vraie cause intérieure d une perversion donnée de la volonté, ni nous permettre d attribuer cette perversion plutôt à l’accroissement d une impulsion qu’à l’affaiblissement de l’impulsion antagoniste. L’explosion d’un désir peut tout aussi bien S’expliquer par la rupture de ses freins ordinaires que par l’augmLtalion de, son coefficient de pression; de même, sa réalisation peut être aussi sûrement entravée par une diminution de ce coefficient que par une obstruction venantd’obstacles inattendus. Comme le dit le docteur Clouston, « il y a des

qu’ils ne conduiraient pas l’attelage le p us doc e et il y a des attelages si rétifs que le cocher le plus habile n’en saurait avoir raison (1) «• i

Volonté « explosive ». 1) Par insufflsmee d mhibitton. — Tout le monde doit connaître quelque exemple de ce caractère, assez fréquent pour constituer un type,

(1) Cf. Clouston, Clinical Lectures on Mental Diseases (London, 1883), pp. 310-318.

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