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ÉPILOGUE

la vérité (cf. p. 1), doit se garder d’ « absolutiser ses principes et ses résultats, mais au contraire réserver toujours une critique ultérieure qui les compose avec les principes et les résultats des autres. La métaphysique est le forum où toutes les sciences sont admises à faire valoir leurs revendications. Qui dit métaphysique dit effort invinciblement obstiné à penser avec clarté et cohérence. Les sciences spéciales acceptent d’organiser des données pleines d’obscurité et de contradictions, obscurités et contradictions dont leur but précis et restreint leur permet de ne pas tenir compte. De là le mépris où les esprits ordinaires tiennent la métaphysique- S’étant cantonnés dans un domaine limité, où ils ne poursuivent que des fins précises, toute discussion dont la subtilité passe ces limites et n’intéresse pas immédiatement ces fins est stigmatisée par eux de la qualification de « métaphysique «- Ne demandez pas à un géologue ce que c’est que le temps : cela le dépasse ; ni à un professionnel de la mécanique si et comment sont possibles des actions et des réactions : il n’en a cure. Un psychologue a assez à faire, sans s’occuper de la question de savoir comment il ^e peut que lui et les consciences qu’il étudie connaissent un même monde extérieur- Il n’en reste pas moins que des problèmes, qui n’existent pas à certains points de vue, sont, à un autre point de vue, des problèmes essentiels ; et les « casse-tête » de la métaphysique sont les problèmes les plus importants qui soient, pour quiconque veut pénétrer à fond la constitution intime de l’univers envisagé comme un tout. La psychologie ne laisse pas de fournir la philosophie générale d’un bon nombre de ces casse-tête, dont je voudrais signaler les principaux dans ce dernier chapitre. Et d’abord le problème des

Rapports de la conscience et du cerveau. — Quand

PSYCHOLOGIE ET PHILOSOPHIE

on traite la psychologie comme une science naturelle, ainsi que nous l’avons fait en ce livre, on se met en mains les « états de conscience », à titre de données immédiates de l’expérience ; et l’on prend comme hypothèse « de chevet » (cf. p. 8) cette loi empirique qu’à tout instant un seul état de conscience correspond toujours à l’ensemble des phénomènes cérébraux, qui ont lieu à cet instant-là. Rien de plus clair que cette « correspondance », tant qu’on n’y voit qu’un parallélisme empirique de deux séries de faits à variations concomitantes ; rien de plus obscur quand, voulant dépasser ce point de vue superficiel de variations concomitantes, on se pose la question métaphysique de leur nature intime et profonde. Il y a des gens qui croient tout clarifier en disant que la conscience et le cerveau sont l’en dedans et l’en dehors d’une « seule et même réalité », « l’endroit et l’envers d’une même étoffe ». D’autres font de l’état de conscience une réaction d’une seule substance, l’âme, sur les multiples activités du cerveau. D’autres enfin pensent dissiper tout mystère en prêtant à chaque cellule une conscience élémentaire, et en voyant dans le phénomène psychique, tel que le donne l’expérience, 1 aspect synthétique de toutes ces consciences élémentaires fondues les unes dans les autres, de même que le cerveau n’est que l’aspect synthétique de toutes ses cellules embrassées d’un seul regard à un unique point de

'^''nous pouvons appeler ces trois essais d’explication métaphysique des noms de théories ^oniste tualiste et atomisie. Les trois ont leurs difficultés, dont les moins irréductibles, du point de me logique, me semblent de beaucoup être celles de la théorie spiritualiste. Cependant, celle-ci ne présente absolument aucun point de contact avec les phénomènes de multiples consciences et de personnalités alternantes

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