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ÉPILOGUE

(cf. pp. 268-276), qui se prêtent mieux aux formules de la théorie atomiste ; car on se fait plus facilement à l’idée de petites consciences qui se fondent tantôt dans une masse unique, tantôt dans de moindres masses distinctes, qu’à l’idée d’une âme qui tantôt réagirait tout entière, et tantôt morcellerait son activité en réactions simultanées et disjointes. La localisation des fonctions cérébrales n’est pas non plus sans plaider pour l’atomisme mental. Quand j’entends et vois simultanément une cloche, c’est grâce à mes lobes occipitaux que je la vois, et grâce à mes lobes temporaux que je l’entends : le plus naturel n’est-il pas dès lors de dire que les premiers la voient, que les seconds V entendent, et que les uns et les autres « combinent leurs informations » respectives ? Quelle formule plus simple trouver pour ce fait certain qu’à chaque instant les différents éléments d’une représentation totale, perçue par la conscience, dépendent des activités simultanées d’autant de régions différentes du cerveau ? L’atomiste, ravi de la simplicité de ces figurations, ne peut évidemment que trouver tirées aux cheveux, sans portée réelle, et tout juste dignes d’un métaphysicien, toutes les objections analogues à celles que nous avons faites ici-même (pp. 29, 71, et ailleurs), sur l’impossibilité de véritables « combinaisons d’éléments conscientiels ». Car il ne cherche que des formules claires, naturelles et commodes pour synthétiser les faits ; et il faut convenir que sa doctrine semble faite exprès pour ce dessein.

Mais, outre cette difficulté extrême de résoudre le problème du parallélisme, il y a la difficulté non moins grande de le poser en termes simples et précis :

L’ombre en ce lieu s’amasse et la nuit est là toute.

Avant de déterminer exactement ce qui se passe quand un état de conscience correspond à une modi-

PSYCHOLOGIE ET PHILOSOPHIE

fication du cerveau, il importe de savoir quels sont les sujets des processus à déterminer. Il importe de savoir quelle espèce de fait psychique, et quelle espèce de faits nerveux il s’agit, pour ainsi dire, de mettre en contact immédiat. Il importe de préciser le minimum de fait conscientel que puisse provoquer un fait

cérébral, et le minimum de fait cérébral qui puisse avoir son contre-coup dans la conscience. Puis, cela fait, il faudra déterminer entre ces deux minimums un rapport immédiat, dont la formule, si nous la trouvons jamais, ne pourra être que la loi psycho-physique élémentaire et fondamentale.

Si nous avons pu échapper ici à l’hypothèse extraexpérimentale d’atomes psychiques, ç’a été en prenant pour minimum de fait conscientiel toute la conscience à un instant donné (même quand elle représente un objet complexe), et, ^our minimum de fait cérébral, le cerveau tout entier à ce même instant. Mais « le cerveau tout entier » n’est pas un fait : c est un point de vue ; c’est le nom que nous donnons à la représentation synthétique d’un agglomérat de billions de cellules. Or, selon les principes de la philosophie atomique ou mécanique, il faut chercher la réalité dans l’individualité des molécules, ou tout au plus dans l’individualité des cellules ; le reste n est que mythologie verbale. Les cellules sont des substances cerveau n’est qu’un substantif exprimant leur agregaüon ; et commit faire de cette fiction la - -parUe objeâive et réelle d’un <>e conscience? Ce qu .l

faut ici. c’est un fait physique ; et il y a de f» ^ P^y sique que le fait moléculaire. D autre part, no devons avoir une loi psycho-physique nous allons tout droit à un fait moléculaire, pose comme e e ^

semble exiner comme « correspondant > conscientiel nofpas une représentation globale, mais un element

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