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CHAPITRE III

qui modifient leur image rétinienne. C’est en remuant les yeux qu’on détermine le plus facilement la distance relative des choses : tous les objets au repos paraissent alors se déplacer en sens contraire de notre mouvement, comme par exemple quand nous regardons par la portière d’un wagon, et les objets les plus proches se déplacent le plus rapidement; ainsi les différentes rapidités de ces mouvements nous permettent de dire quels sont les objets les plus éloignés et quels sont les plus proches (1). »

Au point de vue subjectif la distance constitue une donnée conscientielle tout à fait originale. Convergence, accommodation, disparité binoculaire, grandeur, degré d’éclat, parallaxe, etc. , tout cela nous donne des sensations spéciales, qui sont des signes de la sensation de distance, mais non pas cette sensation elle-même. Tout cela ne fait que la suggérer. Pour l’éprouver dans toute sa force, le meilleur moyen est de monter au sommet de quelque colline, puis une fois arrivé de renverser la tête : l’horizon paraît alors très distant ; il se rapproche à mesure que la tête se redresse.

La perception de la grandeur. — « Elle a pour base des sensations qui sont déterminées avant tout par les dimensions de l’image rétinienne ; or cette image est directement proportionnelle à l’angle de vision ; 'celui-ci à son tour dépend de la distance de l’objet : ainsi la perception correcte de la grandeur dépendelle énormément d’une perception correcte de la distance. Celle-ci une fois déterminée par un jugement conscient ou inconscient, nous concluons la grandeur d’après l’étendue de la région rétinienne impressionnée. A peu près tout le monde a éprouvé un jour

(1) Martin, The Human Body, p. 530.

LA VUE

ou l’autre cette désillusion : on croyait voir un grand oiseau planer dans les nues, et l’on n’a, tout près de l’œil, qu’un tout petit insecte ; l’erreur sur la taille de l’animal provenait d’une première erreur sur sa distance. Nous nous aidons souvent, pour nous donner des idées exactes sur la grandeur des choses, d’un objet dont nous connaissons assez bien la taille (un homme par exemple) et qui nous sert de point de comparaison. Aussi les artistes représentent-ils souvent des hommes auprès des autres objets dont ils veulent nous faire saisir la grandeur (!).>>

Sensations de couleur. — Le système des couleurs est très complexe. Si l’on prend une couleur quelconque, le vert par exemple, on peut partir d’elle pour aller dans plusieurs directions : par une série de verts de plus en plus jaunâtres (qu’on me passe l’expression) vers le jaune, ou par une autre série de verts de plus en plus bleuâtres vers le bleu. Dès lors, si nous voulons schématiser sur le papier les diverses teintes discernables, il nous faut renoncer à les ranger le long d’une ligne et les ordonner dans un plan. Dans ce plan nous pourrons passer de l’une quelconque d’entre elles à une autre par diverses lignes d’intermédiaires à changements graduels. La figure 15 réalise un de ces types d’arrangements.

C’est un simple diagramme qui ne vise qu’à classifier les couleurs d’après leurs différences telles que nous les percevons ; il ne représente donc pas les cou-

(1) Martin, The Human Bodg, p. 530.

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