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CHAPITRE III

leurs physiques. Le noir, qui est une couleur, n y figure pas ; nous ne pouvons lui faire une place à côté des autres couleurs et sur le même plan qu elles, parce que nous devons représenter en même temps et la gradation allant directement du blanc pur au noir, et les gradations qui, partantdechaquecouleurpure, vont à la fois vers le blanc et vers le noir. Le meilleur moyen est de placer le noir dans la troisième dimension, au-dessous du papier, par exemple : on a alors la perspective de la figure 16, où toutes les transitions peuvent être figurées schématiquement. On peut aller du noir au blanc soit directement, soit en passant par l’olive, le vert et le vert pâle. On peut aller du bleu foncé au jaune par le vert, ou encore par le bleu de ciel, le blanc et la couleur paille, etc. Dans chaque « passage » les transitions sont continues ; et le système des couleurs forme ainsi ce que W undt appelle P’iG. 16. (D’après Ziehen.) UD. continu à trois dimensions.

Mélange des couleurs. — Au point de vue physiologique les couleurs ont cette particularité que plusieurs couples d’entre elles impressionnant simultanément la rétine produisent la sensation de blanc. On appelle complémentaires les couleurs douées de cette

LA VUE

propriété. Tels sont, parmi les couleurs du spectre, le rouge et le bleu-vert, le jaune et l’indigo ; tels sont encore le vert et le pourpre. Toutes les couleurs du spectre réunies forment également de la lumière blanche, comme nous l’expérimentons 'journellement avec la lumière du soleil. En outre la même sensation de couleur peut nous être donnée soit par des ondes homogènes, soit par des ondes hétérogènes. Ainsi nous pouvons avoir la sensation de jaune soit par le jaune spectral, soit par un mélange des ondes du vert et du rouge. Le pourpre, qui n’est pas une couleur spectrale, résulte de la superposition des ondes du violet et du rouge, ou du bleu et de l’orangé (1).

De tous ces faits nous pouvons conclure à l’inexistence d’une harmonie exacte entre le système de nos sensations et le système de leurs excitants physiques. Chacune d’elles est une « énergie spécifique » que peuvent mettre en acte de nombreux excitants divers. Helmholtz, Hering et d’autres ont essayé de simplifier l’enchevêtrement des faits par des hypothèses

(1) Le mélange ordlnare de couleurs broyées ne se fait pas par addition, mais bien par soustraction de vibrations lumineuses, ainsi que Helmholtz Fa montré. Pour additionner vraiment une couleur à une autre, il faut, par exemple, projeter au moyen de verres appropriés des rayons de coloration différente sur une même surface réfléchissante. Ou encore on peut regarder une couleur au travers d’une plaque de verre inclinée, dont la surface supérieure réfléchit en même temps dans l’œil une autre couleur placée de côté ; les deux couleurs se mêlent alors sur la rétine. On peut enfin faire tomber successivement sur la rétine des couleurs diverses, — mais il faut faire vite, afin que la seconde lumière arrive avant que l’impression produite par la première se soit évanouie. Il est très facile d’obtenir ce résultat en faisant tourner rapidement un disque dont les secteurs portent les différentes couleurs à mélanger.

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