DE LA PREMIÈRE ÉDITION ANGLAISE
En composant cet abrégé de mes Prmciples of Psgcholoqg, je me suis proposé, avant tout, de lui donner la forme d’un livre à mettre en les mains des eleves. Pour cela, il m’a fallu jeter du lest. J’ai sacrifle des chapitres entiers, et j’en ai récrit d’autres. J ai omis tout ce qui a trait à l’histoire et à 1 examen critique des doctrines, aux discussions métaphysiques et, en général, tout ce qui ne présente qu’un interet purement spéculatif. J’ai pareillement omis la plupart des citations, toutes les références (1), et, je 1 espere du moins, tout l’appareil technique que j ai du introduire dans mon grand ouvrage, mais qui aurait par trop alourdi cet abrégé. Je laisse aux maîtres le soin de voir ce qui leur convient de reprendre de tous ces éléments, et de le joindre en leur enseignement aux
remarques personnelles que leur suggéreront les sujets
traités. D’autre part, sachant par expérience combien est léger d’ordinaire le bagage de physiologie que les
(11 Nous avons cru devoir rétablir ces références dans notre traduction, pour ceux de nos lecteurs qui ne peuvent recourir aux Principles. (x. u. t.)
avant-propos
élèves apportent en psychologie, j’ai ajoute quelques courts chapitres sur les différents sens. J aime à penser que le point de vue où je me suis placé, c est-àdire celui d’une psychologie envisagée comme science naturelle, ne pourra que se dégager plus nettement grâce à cet abandon de tout appareil critique, et à l’adoption d’une méthode d’exposition plus simple et plus dogmatique. A peu près les deux tiers du livre sont neufs, ou écrits à nouveau ; pour le reste, « les ciseaux et la colle » s’en sont chargés. Je regrette de m’être trouvé dans l’impossibilité d’écrire quelques chapitres sur le plaisir et la douleur, sur l’esthétique et sur le sentiment moral. Je ne renonce cependant pas à combler cette lacune dans une édition ultérieure, si toutefois l’on vient à me le demander.
On me pardonnera de profiter de cet avant-propos pour m’expliquer sur la composition de mes Principies. Les critiques qui ont parlé de ce livre lui ont, en général, témoigné tant de bienveillance que ce m’est d’abord un devoir de les en remercier cordialement. Toutefois, ils s’accordent unanimement à lui faire un même reproche, et à dire que ses chapitres se suivent sans s’ordonner, et que cette absence de plan donne l’impression d’aller à l’aventure, sinon contre l’ordre naturel des questions. Et ils s’accordent encore à excuser charitablement ce défaut, en remarquant qu’on ne saurait demander à une collection d’articles de revue l’ordre systématique qu’on est en droit d’exiger d’un traité coulé, pour ainsi dire, dans un seul moule. Je crois néanmoins être en droit de récuser à la fois et le reproche et l’excuse. Il me faut sans doute convenir que l’ordonnance de mes chapitres n’a pas toute la netteté désirable ; autrement l’on ne comprendrait point que tant de gens l’aient pensé. Mais il ne s’ensuit pas que je n’aie suivi aucun plan. Car, j’ai suivi un ordre, que je crois excellent : l’ordre péda-