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CHAPITRE IV

« Les vibrations sonores trop rapides ou trop lentes ne sont plus perçues, de même que les rayons ultraviolets ou infra-rouges. Le maximum perceptible est de 38.016 vibrations par seconde environ ; mais il peut varier avec les individus, et bien des gens n’entendent pas le cri de la chauve-souris ni le chant du grillon qui approchent de cette limite extrême. D’autre part on entend difficilement les sons d’environ 40 vibrations par seconde ; et si ce nombre vient encore à diminuer ce qu’on entend est plutôt un bourdonnement qu’un son proprement dit, et ce bourdonnement ne peut être utilisé qu’uni à des sons d’octaves plus élevées auxquels il donne du corps et de la profondeur (1). »

Le système entier des hauteurs forme un continu à une dimension ; c’est-à-dire que, pour aller d’une hauteur à l’autre, il n’y a qu’une série possible d’intermédiaires, tandis qu’il y en a plusieurs pour les couleurs. (Voirp. 52). La gamme musicale embrasse toute la série de ces hauteurs. L’adoption de certains degrés arbitraires de cette échelle musicale, dont on a fait les « notes », s’explique en partie par des canses historiques, en partie par des raisons esthétiques ; mais les unes et les autres sont trop complexes pour être exposées ici.

Le timbre d’une note tient à la forme de l’ondulation. Les ondulations sont simples (pendulaires) ou composées. Ainsi, quand un diapason (qni donne des ondulations presque simples) vibre 132 fois à la seconde, nous entendons la note do. Si on frappe en même temps un diapason de 264 vibrations qui donne l’octave supérieure la plus proche, do', le mouvement de l’air à n’importe quel instant sera la somme algébrique des mouvements dus aux deux diapasons ; si

(1) Martin, op. cil.

l’ouïe

tous deux ébranlent l’air dans le même sens, ils se renforcent l’un l’autre ; si au contraire le mouvement en avant de l’un coïncide avec le mouvement en arrière de l’autre, ils se contrarient l’un l’autre. Le mouvement résultant est encore périodique, puisqu’il se répète à des intervalles de temps égaux, mais il n’est plus pendulaire^ puisqu’il n’est plus le même aux parties ascendantes et descendantes des courbes. Des vibrations pendulaires peuvent donc, par leur fusion, ou plus exactement par leur composition, produire des vibrations non-pendulaires.

Supposez que l’on joue en même temps de plusieurs instruments de musique, comme dans un orchestre, par exemple. Chacun d’eux produit son effet propre sur les molécules de l’air, dont les mouvements doivent être très complexes, étant à chaque instant une somme algébrique ; pourtant l’oreille peut saisir et suivre à volonté les notes de chaque instrument. De plus, la physique prouve que, pour la plupart des instruments musicaux, chaque note est accompagnée d’octaves supérieures et d’autres «harmoniques » qui résonnent en même temps qu’elle, mais plus faiblement. Le timbre de chaque instrument dépend, comme Helmholtz l’a montré, de la force relative de tels ou tels de ces harmoniques. Les sons des diverses voyelles dépendent aussi de la prédominance de certains harmoniques supérieurs qui accompagnent la note fondamentale de leur émission. Quand les deux diapasons, dont nous parlions tout à l’heure, résonnent ensemble, la vibration résultante a la même période que celle du diapason inférieur ; cependant l’oreille peut clairement distinguer le son résultant de celui que donne le diapason inférieur seul ; ils ont une même hauteur, mais un timbre différent ; une oreille exercée peut même, dans le son composé, entendre séparément les deux sons composants. —

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