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CHAPITRE V

salions, les différences de température des objets extérieurs. Il a pour organe toute la peau, la muqueuse de la bouche et de rarrière-bouche, le pharynx et le gosier, et l’entrée des narines. L’action directe de la la chaleur ou du froid peut exciter un nerf sensoriel et lui causer une douleur, mais non Ja véritable sensation de température. Nous devons donc admettre que celle-ci nous est donnée par des organes terminaux spéciaux. [L’anatomie n’a pas encore pu identifier ces terminaisons ; par contre, la physiologie a déterminé l’existence dans la peau des points spécialement sensibles au chaud ou au froid, et c’est là une de ses plus intéressantes découvertes de ces dernières années. Si l’on fait glisser la pointe Fig. 26. — A, points sensibles d’un crayon sur la paume au froid ; C, points sensibles ,1 . , .

au chaud ; B, poils d’un de la main OU sur la joue, on doigt de Goldscheider. sentira à certains endroits

un froid soudain. Ce sont les points sensibles au froid ; les points sensibles au chaud sont plus difficiles à déterminer. Goldscheider, Blix et Donaldson ont fait des expériences minutieuses sur certaines parties de la peau, et ils ont reconnu des points sensibles au chaud ou au froid très serrés, mais toujours distincts. La pointe d’un objet chaud ou froid placée entre ces points ne provoque aucune sensation de température. Ils ne réagissent aux excitations mécaniques ou électriques que par leurs sensations spécifiques.]

La sensation de la température est relative à l’état de la peau. — « Dans une chambre confortable nous n’éprouvons de froid ou de chaud en aucun point de notre corps, bien- que les différentes parties de sa surface soient exposées à des températures différentes : les doigts et le nez sont plus froids que le

LE TOUCHER

tronc qui est couvert de vêtements et qui, à son tour, est plus froid que l’intérieur de la bouche. La température (mesurée au thermomètre) d’une région déterminée de la peau, lorsque cette région ne sent ni chaud, ni froid, donne sa sensation de température zéro. Cette sensation n’est fonction d’aucune température objective ; car non seulement elle varie avec les différents points du corps, comme nous l’avons vu, mais elle varie encore en un même point d un moment à l’autre. Quand une partie de notre peau dépasse la température de sa sensation zéro, nous avons une sensation de chaud (et vice versa) ; plus la différence est grande et soudaine, plus forte est la sensation. Si nous touchons un corps métallique très hon conducteur de la chaleur, nous éprouvons une sensation de chaud ou de froid beaucoup plus vive que si nous touchons un corps de même température, mais moins bon conducteur, du bois, par exemple.

« Le changement de température d’un organe peut tenir à des variations ‘dans la circulation du sang (plus la peau reçoit de sang, plus elle s’échauffe, et inversement), ou à des différences de température dans les gaz, les liquides et les solides en contact avec lui. Parfois nous ne parvenons pas à distinguer nettement si la cause du changement est interne ou externe. Par exemple, quand on rentre d’une promenade au grand vent, on trouve souvent sa chambre trop chaude alors qu’elle ne l’est réellement pas ; l’exercice a accéléré la circulation du sang et, par là, échauffé la peau, mais d’une chaleur que l’air extérieur en mouvement dispersait à mesure ; à peine pénètre-t-on dans la maison que son air immobile, tout en agissant dans le même sens, cesse d’agir aussi vite et laisse à la peau le temps de se réchauffer : et l’on attribue à une extrême chaleur de la chambre cet accroissement de la sensation de température. G est

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