CHAPITRE V
ciales, à organes terminaux spéciaux, apportent à un centre spécial les impressions douloureuses ;
2° Ou encore que ce centre spécial a pour excitants les courants de « trop-plein » des autres centres sensoriels, lorsque la violence de leur propre excitation atteint un certain degré ;
3° Ou enfin qu’un degré extrême d’excitation intérieure produit la sensation de douleur dans tous les centres.
Il est certain que les sensations de tout ordre
Fig. 27.
qui, à des degrés modérés, sont plutôt agréables, deviennent douloureuses lorsque leur intensité s’accroît trop violemment. La courbe pointillée de la figure 27 indique à peu près comment varie le caractère agréable ou désagréable d’une sensation dont varie l’intensité. La ligne horizontale représente le seuil de la sensation perceptible et en même temps celui de la sensation agréable. En dessous de la ligne se trouve la sensation désagréable. La courbe continue est celle de la loi de Weber que nous avons appris
LE TOUCHER
à connaître à la figure 2 de la page 23. La sensation minimum ne donne aucun plaisir, comme le montre la courbe pointillée. Le plaisir croît d abord plus lentement que la sensation, puis plus vite, pour atteindre son maximum avant que la sensation soit à son acmé. Après le maximum d’agrément, la ligne pointillée descend rapidement et passe bientôt en dessous de l’horizontale, dans le domaine du désagréable ou du douloureux où elle s’enfonce. Tout le monde sait que toutes les sensations sont douloureuses lorsqu’elles sont trop fortes. La lumière, le son, l’odeur, le goût du sucre même, le froid, le chaud et toutes les sensations de la peau doivent être modérées pour être agréables.
La qualité de la sensation vient encore compliquer la question, car pour quelques sensations telles que celles d’amer, d’aigre, de salé et de quelques odeurs, le point d’inflexion de la courbe pointillée doit être placé très près de son origine. Dans les sensations tactiles de la peau la douleur devient vite assez intense pour annihiler entièrement la qualité spécifique de l’excitant. Lorsque s’exaspèrent les sensations de chaud, de froid et de pression nous ne pouvons plus les percevoir ; nous ne sentons plus que de la douleur. Diverses expériences récentes sont venues donner quelque force à l’hypothèse de terminaisons spéciales logées dans la peau et affectées à la douleur ; c’est ainsi que Blk et Goldscheider ont déterminé, à côté de leurs points sensibles -au chaud et au froid, des points sensibles à la douleur, etparmi eux des points absolument insensibles. Quoi qu’il en soit de ces découvertes, quelques faits rendent probable l’existence de fibres spéciales condudrices dirigeant séparément vers le cerveau les excitations douloureuses et les excitations tactiles de la peau. Ainsi dans Y analgésie le patient