‹ Précis de psychologieChapitre 71 sur 348 · CHAPITRE YIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YIII

j'entre dans une gare, et j’entends le cri du chef de train : « En voiture « ; aussitôt mon cœur de s arrêter, puis de palpiter, et mes jambes d’ accélérer leurs mouvements ; c’est la réponse aux ondes aériennes tombées sur mon tympan. Je cours et je trébuche ; la sensation de chute me fait jeter les bras en avant dans la direction où je tombe, ce qui me garantit d’un choc trop brusque. Qu’un grain de poussière m’entre dans l’œil, et mes paupières se ferment énergiquement tandis que des larmes abondantes cherchent à expulser l’envahisseur.

Ces trois réponses à un excitant sensoriel diffèrent cependant à bien des égards. L’acte de fermer 1 œil et de verser des larmes est tout à fait involontaire , de même les palpitations du cœur. Ces réponses involontaires ont reçu le nom de « réflexes ». Le mouvement en avant que font les bras pour amortir la chute peut être aussi dit « réflexe », puisqu’il survient trop vite pour être fait à dessein. Il est, en tous cas, moins automatique que les précédents, car on pourrait, par un effort conscient, apprendre à l’exécuter plus adroitement ou à le supprimer complètement. Ces actes, où l’instinct et la volonté ont une part égale, ont été appelés « semi-réflexes ». L’action de courir vers le train n’a plus rien d’instinctif. Elle n est que le résultat de l’éducation ; elle fait suite à la conscience d’un but à atteindre et procède d’un commandement spécial de la volonté. C’est un « acte volontaire ». Ainsi, chez l’animal les actes réflexes rejoignent insensiblement les actes volontaires par l’intermédiaire de ces actes qui peuvent se produire automatiquement, et qui peuvent aussi être modifiés par l’intelligence consciente.

Les centres nerveux de la grenouille. — Examinons maintenant d’un peu plus près ce qui se passe.

La meilleure méthode ici est de prendre un être infé-

LES FONCTIONS DU CERVEAU

rieur, comme la grenouille, et d’étudier, par la vivisection, les fonctions de ses différents centres nerveux. Ces centres sont figurés dans le schéma suivant, qui nous dispense de plus amples explications.

Voyons d’abord ce qui arrive quand on enlève, chez différentes grenouilles, différentes parties des régions nerveuses antérieures ; point d’extrême précision dans ces excisions ; le premier étudiant venu les réussira. Réduisons donc le système nerveux de la grenouille à la moelle épinière seule, en pratiquant une section à la base du crâne entre la moelle épinière et la moelle allongée. Nous séparons ainsi le cerveau du reste du corps. La grenouille continue encore à vivre, mais son activité est très sensiblement modifiée. Elle cesse de respirer et d’avaler, elle reste aplatie sur son ventre et ne se tient pas sur ses pattes de devant comme une grenouille normale ; cependant ses pattes de derrière demeurent touj ours repliées contre son corps comme d’ordinaire, et si on les étend, elles reprennent immédiatement cette position. Si on la met sur le dos, elle reste là tranquille et ne se retourne pas, comme le ferait encore une grenouille ordinaire. Elle ne saute plus, ne coasse plus. Si nous la suspendons par le nez et que nous irritions avec un acide différents points de sa peau, elle exécutera une série de mouvements « défensifs » remarquablement bien faits pour se débarrasser de l’acide. Si, par exemple, on le met sur sa poitrine, les deux pattes de devant la frottent vigoureusement ; si sur la partie extérieure du coude, la patte de derrière

n est besoin

Fig. 39. — H, hémisphère ; CO, couches optiques; LO, lobes optiques ; Cv, cervelet ; MA, moelle allongée ; ME, moelle épinière.

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